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E-invoicing : la facturation électronique entre entreprises, expliquée

v2.0Publié le 19 mai 2025 — Mis à jour le 18 août 2026
Historique des mises à jour

v2.0 (18/08/2026) : refonte complète — périmètre et cas de la franchise en base, quatre nouvelles mentions obligatoires, statuts de cycle de vie, sanctions de la loi du 19 février 2026, terminologie définitive, correction du permalien. v1 (19/05/2025) : version initiale.

Facturation électronique

L’e-invoicing est le cœur de la facturation électronique : l’obligation d’échanger les factures entre entreprises françaises sous forme de données structurées, via des plateformes agréées. Chez WhySoft Group, une question revient plus que toutes les autres : « suis-je vraiment concerné, même sans facturer de TVA ? » La réponse est oui — et voici pourquoi, ce qui change concrètement sur vos factures, et ce qui distingue l’e-invoicing de son jumeau, l’e-reporting.

En 30 secondes

  • Quoi : l’e-invoicing (article 289 bis du CGI) impose que les factures entre entreprises françaises assujetties à la TVA soient émises, transmises et reçues aux formats structurés, via des plateformes agréées.
  • Qui : tous les assujettis — y compris en franchise en base de TVA : être dispensé de collecter la taxe ne dispense pas de la réforme.
  • Quand : réception pour tous le 1er septembre 2026 ; émission pour les grandes entreprises et ETI à la même date, pour les PME et micro-entreprises le 1er septembre 2027.
  • La différence avec l’e-reporting : l’e-invoicing fait circuler des factures ; l’e-reporting fait remonter des données (B2C, international) à l’administration.

1. E-invoicing : définition — et différence avec l’e-reporting

L’e-invoicing (article 289 bis du Code général des impôts) est l’obligation d’émettre, de transmettre et de recevoir les factures entre entreprises françaises assujetties à la TVA sous forme structurée — Factur-X, UBL ou CII — via des plateformes agréées. Un PDF envoyé par e-mail n’en fait pas partie : la facture électronique est un jeu de données lisible par les machines, pas une image de facture.

Son jumeau, l’e-reporting, couvre tout ce qui échappe à ce circuit. La distinction tient en un tableau :

E-invoicing E-reporting
Opérations Ventes et achats entre entreprises françaises assujetties (B2B domestique) Ventes aux particuliers (B2C), opérations internationales, données de paiement des prestations
Ce qui circule La facture elle-même, au format structuré Des données de transaction — pas de facture
Destinataire Votre client, via sa plateforme agréée L’administration fiscale
Rythme Au fil de l’eau, facture par facture Périodique (par période de 10 jours ou mensuel selon le régime)
Rien ne change pour Vos clients : ticket ou facture comme avant

Une même entreprise cumule souvent les deux : l’artisan qui facture un promoteur (e-invoicing) et des particuliers (e-reporting), l’industriel qui vend en France (e-invoicing) et exporte (e-reporting).

2. Qui est concerné — y compris en franchise de TVA

Toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France sont concernées, quels que soient leur taille, leur forme juridique et leur régime d’imposition — franchise en base comprise. La nuance qui démine la confusion la plus répandue tient en deux mots : assujetti n’est pas redevable. La franchise vous dispense de collecter la TVA ; elle ne vous sort pas du champ de la réforme.

« Les entreprises qui bénéficient de la franchise en base de TVA (par exemple les micro-entrepreneurs) ne sont pas redevables de la TVA. Cependant, elles restent assujetties à la TVA et sont donc soumises à la facturation électronique, en réception et en émission. »Ministère de l’Économie, economie.gouv.fr

Le périmètre s’étend même aux activités exonérées : la DGFiP cite le cas du médecin généraliste, dispensé de facturation pour ses consultations — mais tenu de désigner une plateforme pour recevoir dès le 1er septembre 2026 les factures électroniques de ses fournisseurs. Côté géographie, la réforme s’applique en métropole ainsi qu’à La Réunion, en Martinique et en Guadeloupe ; la Guyane et Mayotte, hors champ de TVA, relèvent de l’e-reporting international.

3. Ce qui change concrètement sur vos factures

Trois changements visibles : le format (structuré, lisible par les machines), le canal (votre plateforme agréée, plus l’e-mail), et le suivi (des statuts normalisés remplacent le « je te relance par téléphone »).

Avant la réforme Avec la réforme
Facture PDF ou papier Format structuré (Factur-X, UBL, CII)
Envoi par e-mail ou courrier Transmission de plateforme agréée à plateforme agréée, adressée par l’annuaire central
« Tu l’as bien reçue ? » Statuts normalisés : déposée, rejetée, refusée, encaissée — visibles dans votre logiciel
Ressaisie chez le client Intégration automatique des données
Archivage local disparate Archivage à valeur probante

La facture elle-même s’enrichit : quatre nouvelles mentions deviennent obligatoires avec la réforme — le numéro SIREN du client, la catégorie de l’opération (livraison de biens, prestation de services ou mixte), l’adresse de livraison lorsqu’elle diffère de la facturation, et l’option éventuelle pour la TVA d’après les débits. Des mentions que l’œil humain lisait hier avec indulgence, et que les plateformes contrôleront demain à la lettre : une donnée absente ou incohérente, c’est un rejet motivé avant même d’atteindre le client.

4. Calendrier et sanctions

Deux dates structurent l’e-invoicing, confirmées par la loi de finances du 19 février 2026 et le communiqué ministériel du 11 juillet : ni report, ni suspension.

Échéance Qui Obligation
1er septembre 2026 Toutes les entreprises Recevoir les factures électroniques via une plateforme agréée
1er septembre 2026 Grandes entreprises et ETI Émettre au format électronique
1er septembre 2027 PME, TPE, micro-entreprises Émettre au format électronique

Côté sanctions, le régime du 19 février 2026 prévoit 50 € par facture non émise au format électronique (plafond 15 000 € par an) et, pour l’absence de plateforme de réception, une mise en demeure suivie d’amendes progressives. Deux garde-fous l’accompagnent : un droit à l’erreur — pas d’amende pour une première infraction régularisée sous 30 jours — et l’application « tolérante et bienveillante » annoncée par la DGFiP pour les entreprises de bonne foi. Le détail, et ce qu’il faut documenter pour en bénéficier, est dans notre analyse « pas prêt au 1er septembre ? ».

5. Comment s’y préparer

Deux briques suffisent, et vous en avez peut-être déjà une : un logiciel de gestion capable de produire et recevoir les formats structurés — c’est le rôle de la Solution Compatible, la catégorie des logiciels WHY — et une plateforme agréée, à désigner pour la réception avant le 1er septembre 2026 (nos 7 critères de choix font le tri parmi les 166 immatriculées). Le logiciel fabrique et exploite ; la plateforme transporte : vos écrans ne changent pas, la sortie devient conforme.

Bon à savoir. Pas besoin d’attendre vos échéances : l’administration encourage explicitement les entreprises à démarrer dès à présent, et les PME qui émettent déjà en Factur-X transforment l’obligation de 2027 en avance concurrentielle — moins de ressaisie, des paiements mieux suivis.
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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre e-invoicing et e-reporting ?
L’e-invoicing fait circuler les factures électroniques entre entreprises françaises via les plateformes agréées ; l’e-reporting fait remonter à l’administration les données des autres transactions — ventes aux particuliers, opérations internationales — et des paiements de prestations. Le premier transporte des factures, le second des données.
Je suis micro-entrepreneur en franchise de TVA : suis-je concerné ?
Oui. La franchise vous dispense de collecter la TVA, pas de la réforme : vous restez assujetti. Concrètement, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, et émettre au format structuré vers vos clients professionnels à partir du 1er septembre 2027 — vos ventes aux particuliers relevant, elles, de l’e-reporting.
Puis-je encore envoyer des factures PDF par e-mail ?
Vers les particuliers, oui — le B2C reste hors du circuit. Entre entreprises, le format structuré s’impose selon le calendrier (2026 pour les grandes entreprises et ETI, 2027 pour les PME) ; pendant le démarrage, la DGFiP admet qu’une facture hors circuit n’entraîne pas de sanction automatique si la démarche de mise en conformité est engagée et documentée.
Mon logiciel actuel est-il compatible ?
Trois vérifications auprès de votre éditeur : produit-il et reçoit-il les formats structurés (Factur-X, UBL, CII) ? S’interface-t-il avec les plateformes agréées — et lesquelles ? Restitue-t-il les statuts de cycle de vie dans vos écrans ? Trois oui, et vous êtes prêt.
À quoi servent les statuts « déposée, rejetée, refusée, encaissée » ?
Ce sont les quatre statuts obligatoires du cycle de vie d’une facture électronique, normalisés dans tout le dispositif : vous savez à tout moment où en est chaque facture — arrivée, bloquée, contestée ou payée — sans relance téléphonique, et l’encaissement alimenté en données sert aussi à l’exigibilité de la TVA sur les prestations.
Que risque une entreprise qui ne fait rien ?
50 € par facture non émise au format électronique (plafond 15 000 €/an), et mise en demeure puis amendes progressives pour l’absence de plateforme de réception — avec un droit à l’erreur sous 30 jours et une bienveillance annoncée pour les démarches de bonne foi. L’inaction, elle, n’est pas couverte.


Marie HAVET

Chez WhySoft Group depuis 2004, Marie est la référente facturation électronique de l'équipe : Pennylane, Zeendoc et toute la gamme WHY n'ont pas de secret pour elle. Formée aux mathématiques, elle aime les processus carrés… expliqués simplement.

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