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E-reporting : périmètre, données à transmettre et fréquences — le jumeau méconnu de la facture électronique

Par Marie Havet · Mis à jour le 23 août 2026 · 9 min de lecture

v2.0Refonte complète — 23 août 2026 · périmètre, fréquences par régime de TVA et allègements 2026 intégrés
Historique des mises à jour

v2.0 (23/08/2026) : refonte intégrale — les trois blocs du périmètre, tableau e-invoicing / e-reporting, fréquences par régime de TVA, transmission par plateforme agréée, sanctions et droit à l’erreur, cas concrets BTP et industrie. · v1.0 : première version.

Tout le monde parle de la facture électronique ; presque personne ne parle de son jumeau. L’e-reporting est pourtant l’autre moitié de la réforme : tout ce qui n’est pas une facture entre deux entreprises françaises — la vente au particulier, le chantier pour un client étranger, l’encaissement d’une prestation — doit quand même être déclaré à l’administration, à échéances fixes, via votre plateforme agréée. Une PME du bâtiment qui travaille pour des particuliers est donc concernée deux fois : par la facture électronique pour ses clients professionnels, et par l’e-reporting pour tout le reste. Ce guide pose le périmètre exact, les données à transmettre, le rythme — et ce qui se passe si on oublie.

En 30 secondes

  • L’e-reporting est la transmission à l’administration des données des opérations hors facturation électronique : ventes aux particuliers (B2C), opérations avec l’étranger, et données de paiement des prestations de services.
  • Le calendrier est le même que celui de la facture électronique : grandes entreprises et ETI depuis le 1er septembre 2026, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
  • Tout passe par votre plateforme agréée : il n’existe pas de guichet de saisie manuelle au portail public. C’est votre outil de gestion ou de caisse qui alimente la plateforme, qui transmet à la DGFiP.
  • La sanction existe mais reste mesurée : 250 € par transmission omise, plafonnée à 15 000 € par an — avec un droit à l’erreur assoupli pour le démarrage.
Sommaire du guide
  1. Définition
  2. Le périmètre
  3. Calendrier
  4. Fréquences
  5. Comment transmettre
  6. Sanctions
  7. Cas concrets
  8. FAQ
3 blocsventes aux particuliers, opérations internationales, données de paiement des servicesart. 290 et 290 A du CGI
1er sept. 2026début de l’e-reporting pour les grandes entreprises et les ETIPME et micro : 1er septembre 2027
250 €par transmission omise, plafonnés à 15 000 € par an et par entrepriseart. 1788 D du CGI
0 donnéenominative sur vos clients particuliers : les ventes B2C se transmettent en montants agrégéspar jour et par taux de TVA

E-reporting et e-invoicing : les deux moitiés de la réforme

L’e-reporting est l’obligation de transmettre à l’administration fiscale les données des transactions qui n’entrent pas dans le champ de la facturation électronique entre assujettis français, ainsi que les données de paiement des prestations de services (articles 290 et 290 A du code général des impôts). Il complète l’e-invoicing — la facture électronique proprement dite — pour donner à la DGFiP une vision complète de l’activité, socle de la future TVA pré-remplie.

La distinction tient en une question : y a-t-il une facture électronique entre deux assujettis établis en France ? Si oui, c’est de l’e-invoicing, et les données remontent avec la facture. Si non — client particulier, client étranger, opération exonérée avec encaissement — c’est de l’e-reporting.

E-invoicing (facture électronique) E-reporting
Opérations visées Ventes et prestations entre assujettis établis en France (B2B domestique) Ventes aux particuliers (B2C), opérations avec l’étranger, données de paiement des services
Ce qui circule La facture elle-même, au format structuré, de plateforme agréée à plateforme agréée Des données de transactions — pas les factures ni les tickets
Niveau de détail Facture par facture Agrégé par jour et par taux pour le B2C ; transaction par transaction pour l’international
Destinataire Votre client, avec copie des données à la DGFiP La DGFiP uniquement, via votre plateforme agréée
Sanction en cas d’oubli 15 € par facture, plafond 15 000 €/an 250 € par transmission, plafond 15 000 €/an

Les trois blocs du périmètre

L’e-reporting couvre trois familles d’opérations — deux blocs de transactions et un bloc de paiements. Une même entreprise peut être concernée par les trois.

Bloc 1 — Les ventes aux particuliers (B2C)

Toutes vos ventes et prestations à des non-assujettis : le particulier qui fait rénover sa salle de bains, le comptoir de l’atelier, la boutique. Bonne nouvelle pour la protection de vos clients : aucune donnée nominative n’est transmise — les opérations remontent en montants agrégés par jour et par taux de TVA (montant HT, TVA correspondante, nombre de transactions). Pour les encaissements de caisse, c’est le récapitulatif journalier — le ticket Z — qui fait foi ; pour les ventes facturées à des particuliers, ce sont les données des factures, agrégées.

Bloc 2 — Les opérations internationales

Vos ventes et prestations à des entreprises étrangères (livraisons intracommunautaires, exportations, prestations intracommunautaires) et, symétriquement, certaines acquisitions : le B2B international ne passe pas par le circuit de la facture électronique française, mais l’administration veut voir ces flux. Ici, la transmission se fait transaction par transaction, avec l’identification de la contrepartie.

Bloc 3 — Les données de paiement des prestations de services

Pour les prestations de services, la TVA est exigible à l’encaissement — l’administration a donc besoin de savoir quand vous êtes payé, pas seulement quand vous facturez. D’où ce troisième bloc : la date et le montant des encaissements de vos prestations, y compris celles facturées en e-invoicing. Les entreprises ayant opté pour la TVA sur les débits en sont dispensées — c’est l’un des intérêts pratiques de l’option, détaillé dans notre guide de la déclaration de TVA.

Le piège du « je ne suis pas concerné »Une entreprise du bâtiment qui ne travaille « qu’avec des particuliers » n’échappe pas à la réforme : elle échappe à l’e-invoicing pour ces clients, mais tombe intégralement dans l’e-reporting — transactions B2C et données de paiement. Et elle doit de toute façon être rattachée à une plateforme agréée pour recevoir les factures de ses fournisseurs. Personne ne reste au bord du chemin.

Qui est concerné, et quand

Toute entreprise assujettie à la TVA réalisant des opérations du périmètre est concernée — micro-entrepreneurs en franchise compris dès lors qu’ils vendent à des particuliers ou à l’étranger. Le calendrier est calé sur celui de l’émission des factures électroniques.

  • Depuis le 1er septembre 2026 : les grandes entreprises et les ETI transmettent leur e-reporting.
  • Au 1er septembre 2027 : l’obligation s’étend aux PME et micro-entreprises — le gros des entreprises françaises.
  • Dès maintenant, pour tous : le rattachement à une plateforme agréée — sans elle, ni réception de factures, ni e-reporting possible le moment venu.

À quel rythme transmettre

La périodicité de l’e-reporting est fixée par décret et calée sur votre régime de déclaration de TVA — l’idée directrice : plus votre TVA se déclare souvent, plus vos données remontent souvent.

Votre régime de TVA Rythme de l’e-reporting des transactions
Réel normal (déclaration mensuelle) Transmission au fil du mois, par périodes de dix jours (décadaire)
Réel simplifié Transmission mensuelle
Franchise en base (micro-entrepreneurs) Transmission tous les deux mois
Données de paiement (tous régimes) Transmission mensuelle
Les allègements de 2026Le législateur a entendu les inquiétudes des petites entreprises : la loi de simplification votée en février 2026 a allégé le dispositif de démarrage — tolérances sur les premières échéances, droit à l’erreur renforcé pour les manquements de bonne foi, et harmonisation de plusieurs périodicités. Le principe demeure intact ; c’est la brutalité du démarrage qui a été limée. Notre article « pas prêt au 1er septembre ? » détaille ce que la DGFiP a réellement annoncé pour la première année.

Comment transmettre, concrètement

Il n’existe qu’un seul canal : votre plateforme agréée. Le portail public n’offre pas de guichet de saisie manuelle — c’est la plateforme qui reçoit vos données et les transmet au concentrateur de la DGFiP dans les formats prévus.

  1. Vos outils enregistrent les opérations. Le logiciel de gestion pour les ventes facturées, la caisse pour les encaissements comptoir : rien de nouveau — ce sont les données que vous produisez déjà.
  2. Votre logiciel agrège et pousse vers la plateforme agréée. C’est le rôle de la Solution Compatible : ventiler ce qui relève de l’e-invoicing et de l’e-reporting, agréger le B2C par jour et par taux, détailler l’international, extraire les encaissements.
  3. La plateforme agréée transmet à l’administration aux échéances de votre régime, et vous conserve la trace de chaque dépôt — votre preuve en cas de contrôle.
Ce que nous en pensonsL’e-reporting est la partie de la réforme qui punit le plus les organisations en silos : une caisse qui ne parle pas à la gestion, une gestion qui ne parle pas à la plateforme, et voilà une PME qui ressaisit des agrégats tous les dix jours. À l’inverse, quand les ventes — professionnelles comme particulières — vivent dans un seul outil branché à une plateforme agréée intégrée, l’e-reporting devient ce qu’il aurait toujours dû être : un flux automatique qu’on ne voit jamais. C’est le critère à tester en démonstration, avant septembre 2027.

Sanctions et droit à l’erreur

L’amende est de 250 € par transmission omise ou erronée, plafonnée à 15 000 € par an et par entreprise (article 1788 D du CGI) — distincte de l’amende de 15 € par facture de l’e-invoicing. La première année bénéficie du droit à l’erreur : les manquements de bonne foi, régularisés spontanément ou à la première demande, ne sont pas sanctionnés. Ce filet ne dispense pas de s’organiser : une transmission décadaire oubliée chaque mois, c’est mécaniquement 36 manquements par an — le plafond se rejoint plus vite qu’on ne le croit.

Trois cas concrets, côté BTP et industrie

  • Rénovation d’une salle de bains chez un particulier : pas de facture électronique (le client n’est pas assujetti) — mais la vente part en e-reporting B2C, agrégée au jour, et l’encaissement remonte dans les données de paiement. Deux flux, zéro saisie si l’outil est branché.
  • Sous-traitance en autoliquidation pour un donneur d’ordre français : c’est du B2B domestique — donc de l’e-invoicing, pas de l’e-reporting. La facture part hors taxes avec la mention d’autoliquidation, via les plateformes agréées, comme n’importe quelle facture.
  • Fabrication et pose pour un client belge : le client est assujetti mais pas établi en France — l’opération sort du champ de la facture électronique française et bascule en e-reporting international, transaction par transaction.

Glossaire

E-reporting
Transmission à l’administration des données des opérations hors facturation électronique — B2C, international — et des données de paiement des prestations de services (art. 290 et 290 A CGI).
E-invoicing
La facturation électronique proprement dite : émission et réception des factures entre assujettis établis en France, via les plateformes agréées.
Données de paiement
Date et montant des encaissements des prestations de services, transmis mensuellement — parce que la TVA des services est exigible à l’encaissement.
Transmission décadaire
Rythme de l’e-reporting des transactions pour les entreprises au réel normal : une transmission par période de dix jours.
Ticket Z
Récapitulatif journalier d’une caisse enregistreuse : la base des montants agrégés transmis pour les encaissements B2C au comptoir.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’e-reporting ?
L’obligation de transmettre à l’administration fiscale, via une plateforme agréée, les données des opérations qui n’entrent pas dans la facturation électronique — ventes aux particuliers, opérations internationales — ainsi que les données de paiement des prestations de services (art. 290 et 290 A du CGI).
Quelle différence entre e-invoicing et e-reporting ?
L’e-invoicing transmet la facture elle-même, entre assujettis français, de plateforme agréée à plateforme agréée. L’e-reporting transmet des données de transactions et de paiements à la seule administration, pour tout ce qui sort de ce cadre : B2C, international, encaissements de services.
Qui est concerné par l’e-reporting ?
Toute entreprise assujettie à la TVA en France réalisant des opérations du périmètre — y compris les micro-entrepreneurs en franchise de TVA dès lors qu’ils vendent à des particuliers ou à l’étranger. Grandes entreprises et ETI depuis le 1er septembre 2026, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
Les tickets de caisse sont-ils transmis à l’administration ?
Non : ni les tickets ni les données nominatives de vos clients particuliers. Les ventes B2C remontent en montants agrégés par jour et par taux de TVA — pour les caisses, sur la base du récapitulatif journalier (ticket Z).
À quelle fréquence transmettre l’e-reporting ?
Le rythme suit votre régime de TVA : par périodes de dix jours au réel normal, chaque mois au réel simplifié, tous les deux mois en franchise en base. Les données de paiement se transmettent mensuellement quel que soit le régime.
Quelle sanction en cas d’oubli ?
250 € par transmission omise ou erronée, plafonnés à 15 000 € par an et par entreprise (art. 1788 D CGI). Un droit à l’erreur protège les manquements de bonne foi régularisés, en particulier sur la première année du dispositif.
Peut-on faire son e-reporting sans plateforme agréée ?
Non : la transmission à l’administration passe exclusivement par une plateforme agréée — le portail public n’offre pas de guichet de saisie. C’est votre logiciel de gestion ou de caisse qui alimente la plateforme, laquelle transmet au concentrateur de la DGFiP.

Sources de ce guide

  1. Articles 290 et 290 A du code général des impôts (transmission des données de transactions et de paiement) — Légifrance.
  2. Article 1788 D du CGI (amende de 250 € par transmission, plafond de 15 000 € par an).
  3. Décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022 modifié (périmètre, données et fréquences de transmission).
  4. Fiches pratiques « e-reporting » et FAQ de la DGFiP — impots.gouv.fr, mises à jour 2026.
À retenirTrois points à garder en tête
  1. 01L’e-reporting couvre tout ce que la facture électronique ne couvre pas : ventes aux particuliers, opérations internationales, et les encaissements de vos prestations de services.
  2. 02Aucune donnée nominative sur vos clients particuliers : le B2C remonte en agrégats journaliers par taux — mais à un rythme soutenu, jusqu’à trois transmissions par mois au réel normal.
  3. 03Le seul canal est la plateforme agréée : l’e-reporting réussi est celui que votre logiciel de gestion produit tout seul — le critère à tester avant l’échéance de septembre 2027.
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Marie HAVET

Chez WhySoft Group depuis 2004, Marie est la référente facturation électronique de l'équipe : Pennylane, Zeendoc et toute la gamme WHY n'ont pas de secret pour elle. Formée aux mathématiques, elle aime les processus carrés… expliqués simplement.