Facturation électronique
Situations de travaux, révision de prix, retenue de garantie, pénalités, autoliquidation, compte prorata : la facturation du bâtiment a ses règles, et aucune ne disparaît avec la facturation électronique. Ce qui change, c’est le véhicule. Chez WhySoft Group, nous équipons des entreprises du BTP depuis 1992 : voici comment chaque spécificité du métier se traduit, cas par cas, dans le nouveau circuit.
En 30 secondes
- Le principe : le droit de la construction ne change pas — situations, révisions, retenues, pénalités et autoliquidation continuent de s’appliquer. C’est leur support qui devient une donnée structurée.
- Trois circuits selon le client : une entreprise (B2B) → plateforme agréée · une administration (B2G) → Chorus Pro · un particulier (B2C) → pas de facture électronique, mais un e-reporting des ventes.
- Le prix vit : actualisation, révisions provisoires puis définitives — chaque ajustement produit des factures complémentaires ou des avoirs, qui passent aussi par le circuit.
- Les retenues trouvent leur place : le format distingue le total facturé du montant appelé au paiement — c’est là que vivent retenue de garantie, bonne fin et parfait achèvement.
1. Un chantier, trois circuits de facturation
La règle d’or de la réforme pour le BTP tient en une phrase : c’est le client qui détermine le circuit. Une même entreprise peut, dans la même semaine, facturer un promoteur via sa plateforme agréée, une mairie via Chorus Pro, et un particulier comme avant — avec un e-reporting en plus.
| Votre client | Circuit de la facture | Ce qui change pour vous |
|---|---|---|
| Une entreprise (promoteur, entreprise générale, autre artisan…) | Votre plateforme agréée, au format structuré | Réception obligatoire dès le 1er septembre 2026 ; émission des PME au 1er septembre 2027 |
| Une administration, une collectivité, un bailleur public | Chorus Pro, comme depuis 2020 | Presque rien — sinon la fin du statut « à recycler », qui impose des références justes avant l’envoi |
| Un particulier (rénovation, dépannage…) | Pas de facture électronique : la facture reste ce qu’elle est | Un e-reporting périodique de vos ventes B2C, transmis par votre plateforme |
Cette lecture par client évite l’erreur la plus répandue chez les artisans : croire que « tout passera par la plateforme ». Non — un plombier dont l’activité est aux trois quarts chez des particuliers verra l’essentiel de sa facturation inchangé. Mais son quart B2B, lui, bascule intégralement, et ses ventes aux particuliers remonteront en données agrégées à l’administration.
2. Situations de travaux et acomptes : facturer l’avancement
Une situation de travaux est la demande de paiement périodique établie sur l’avancement du chantier : travaux réalisés en cumul, moins les situations déjà facturées, moins les retenues le cas échéant. Au regard de la réforme, chaque situation émise vers un client professionnel est une facture à part entière — elle transite donc par le circuit, au format structuré.
En pratique, rien ne bouscule votre logique de chantier : la facture de situation conserve son mécanisme de cumul et ses références (marché, avenants, période, pourcentages d’avancement par poste). Ce qui change, c’est l’exigence de propreté : dans un document structuré, ces informations ne sont plus un texte libre que l’œil humain interprète, mais des données que la plateforme du client contrôle à l’arrivée. Une situation n°4 dont le cumul ne recoupe pas les trois précédentes, une référence de marché qui varie d’un mois à l’autre : ce qui passait hier au prix d’un coup de fil deviendra demain un rejet motivé.
Deux conséquences pratiques. La première : la numérotation et les références se verrouillent en amont, dans le logiciel qui produit la situation — pas au moment de l’envoi. La seconde, moins connue : les travaux étant des prestations de services, la TVA est due à l’encaissement ; le nouveau dispositif prévoit donc la transmission des données de paiement. Chaque encaissement de situation sera à reporter — un suivi de règlements approximatif, tolérable hier, devient un angle mort déclaratif.
3. Actualisation et révision de prix : les indices deviennent des lignes
L’actualisation ajuste une fois, avant le démarrage, un prix ferme devenu ancien — typiquement lorsqu’un délai de plus de trois mois sépare l’établissement du prix du début d’exécution. La révision, elle, fait évoluer le prix tout au long du chantier, selon une formule contractuelle adossée aux index du bâtiment et des travaux publics (BT, TP).
Sur le terrain, la révision a une particularité que tout conducteur de travaux connaît : les index paraissent avec plusieurs mois de décalage. On facture donc chaque situation avec un coefficient provisoire, calculé sur le dernier index connu, puis on régularise en définitif quand l’index du mois concerné est publié. Cette mécanique produit des documents : compléments de facturation quand l’index définitif est supérieur au provisoire, avoirs dans le cas inverse.
Et c’est là que la réforme entre en scène : ces compléments et ces avoirs sont des documents de facturation comme les autres — ils passent par le circuit électronique, rattachés à la facture d’origine. Une régularisation d’index griffonnée en marge d’un décompte ne survivra pas au format structuré ; une régularisation calculée et documentée par le logiciel, si. Même logique pour l’actualisation : le coefficient appliqué et sa base doivent être lisibles dans la facture, pas dans un mail d’accompagnement. Les entreprises en marchés révisables ont ici le plus à gagner d’un outil qui trace la chaîne complète — prix initial, coefficient, période, régularisation — car chaque maillon devient contrôlable par le client comme par l’administration.
4. Retenue de garantie, bonne fin, parfait achèvement : les suretés de fin de chantier
Les suretés de fin de chantier — retenue de garantie plafonnée à 5 %, retenue ou caution de bonne fin prévue par certains contrats, couverture de l’année de parfait achèvement — partagent une même nature : le montant est facturé et dû, seul son paiement est différé. Le format électronique respecte cette nuance en distinguant le total de la facture du montant appelé au paiement.
Concrètement, votre situation continue d’afficher le montant complet des travaux ; la retenue de garantie s’exprime dans le montant à régler et dans les conditions de paiement, avec sa base et son taux. C’est même un progrès pour l’entreprise : la retenue cesse d’être une ligne ambiguë que chaque client comptabilise à sa façon, pour devenir une donnée explicite, identique chez l’émetteur et le destinataire. Même traduction pour les retenues de bonne fin que prévoient certains marchés privés, et pour la substitution par caution bancaire : quand une caution remplace la retenue, le montant appelé redevient le total — et la facture le dit sans équivoque.
Reste la temporalité, qui fait toute la valeur du suivi. La retenue couvre l’année de parfait achèvement qui suit la réception : sa libération, douze mois plus tard — ou après levée des réserves — ne donne pas lieu à une nouvelle facture, puisque le montant a déjà été facturé. C’est un encaissement : il rejoint les données de paiement à transmettre. Autrement dit, chaque retenue vit deux fois dans le dispositif — comme condition de paiement à l’émission, comme encaissement à la libération — et un an peut séparer les deux. Les entreprises qui perdent aujourd’hui la trace de leurs retenues à libérer (elles sont nombreuses) trouveront dans cette structuration un allié inattendu : la retenue oubliée devient visible.
« Les entreprises du bâtiment n’ont pas besoin qu’on leur réinvente la facturation. Elles ont besoin que leurs règles — l’avancement, la révision, les retenues, l’autoliquidation — passent dans le nouveau format sans se déformer. C’est exactement le travail d’un logiciel métier. »Nathan Dubois, gérant de WhySoft Group
5. Pénalités : elles ne se facturent pas, elles se décomptent
Les pénalités de retard d’exécution — souvent de l’ordre du trois-millième du montant du marché par jour de retard dans la commande publique, librement fixées dans les contrats privés — ne sont pas des factures : c’est le client qui les applique, en les déduisant des sommes qu’il vous règle ou en les constatant au décompte général.
La conséquence en facturation électronique est simple et mérite d’être posée clairement : vous ne verrez pas arriver de « facture de pénalité » dans votre plateforme, et vous n’en émettez pas non plus. La pénalité se lit dans l’écart entre ce que vous avez facturé et ce qui vous est payé — un écart que le suivi des statuts et des données de paiement rend désormais explicite, daté et traçable. Si la pénalité est ensuite négociée ou levée, la régularisation suit le droit commun : un règlement complémentaire, reporté comme tel. Et lorsqu’un accord commercial aboutit à une remise consentie, c’est un avoir — lui, dans le circuit.
Un mot de l’autre famille : les pénalités et indemnités de retard de paiement que vous êtes en droit de réclamer à un client mauvais payeur obéissent à leur propre régime — elles se réclament, elles ne se facturent pas avec TVA. La réforme ne change rien à ce point ; elle vous donne en revanche des horodatages opposables sur toute la chaîne, du dépôt de la facture à son règlement.
6. Autoliquidation de la sous-traitance : la mention devient une donnée
L’autoliquidation de la TVA dans la sous-traitance du bâtiment inverse le redevable : le sous-traitant facture hors taxe avec la mention « Autoliquidation », et l’entreprise principale déclare elle-même la TVA. La réforme ne touche pas à cette règle d’un iota — elle la transforme en donnée contrôlable.
Dans une facture structurée, l’autoliquidation n’est plus seulement une phrase en pied de page : c’est une catégorie de TVA portée par le document lui-même, que la plateforme du donneur d’ordre reconnaît à réception. L’effet de bord est vertueux : l’oubli de mention — l’erreur classique du sous-traitant pressé, sanctionnable de 5 % des sommes — devient beaucoup plus difficile, puisqu’un document mal qualifié se heurte aux contrôles avant même d’atteindre le client. Moins d’oublis, moins de factures à refaire, moins d’exposition au redressement : sur ce point précis, la réforme travaille pour le BTP.
Un mot des chaînes de sous-traitance : chaque maillon facture le maillon supérieur dans le circuit B2B ordinaire. En marché public, le sous-traitant admis au paiement direct adresse en revanche sa demande via Chorus Pro, selon le circuit propre à la commande publique — les deux mondes coexistent sans se mélanger.
7. Compte prorata, refacturations entre entreprises, marchés publics, particuliers
Un chantier fait naître des flux financiers entre les entreprises elles-mêmes — dépenses communes du compte prorata, mises à disposition de matériel ou de main-d’œuvre, refacturations de casse ou de nettoyage, répartitions au sein d’un groupement. Tous ces flux sont du B2B : ils entrent dans le circuit des plateformes agréées.
Le compte prorata en est l’exemple type : les appels de fonds que son gestionnaire adresse aux entreprises du chantier sont des factures entre professionnels. Un compte prorata tenu sur un coin de tableur produira des documents non conformes ; celui tenu dans un outil de gestion suivra le mouvement sans effort. Même vigilance pour les refacturations croisées entre corps d’état — la benne partagée, la nacelle prêtée, la reprise après dégât : ces « petites factures » internes au chantier, souvent traitées à la légère, deviennent des documents structurés à part entière, avec les mêmes exigences que la situation mensuelle.
Les marchés publics gardent leur canal : Chorus Pro, avec ses règles propres (numéro d’engagement, code service, circuit du maître d’œuvre pour les situations, décompte général en fin de marché). La vigilance de la rentrée est ailleurs : la disparition du statut « à recycler », qui supprimera la correction après envoi. Vos fiches clients publics méritent une vérification avant le 1er septembre.
Les particuliers, enfin : pas de facture électronique pour la rénovation de la salle de bains de Mme Martin. Sa facture reste un document classique — attestation de TVA à taux réduit comprise. Mais la vente, elle, remonte à l’administration par l’e-reporting périodique de vos transactions B2C. Pour l’artisan, l’enjeu n’est pas le format de la facture : c’est la fiabilité du récapitulatif des ventes, que votre outil de facturation produira — ou pas.
Le livre blanc passe la réforme au crible des cas réels du BTP et de l’industrie — calendrier, obligations, choix d’une plateforme agréée.
Télécharger le livre blanc →
Questions fréquentes
Une situation de travaux est-elle une facture électronique ?
Comment gérer la révision de prix en facturation électronique ?
Comment la retenue de garantie apparaît-elle dans une facture électronique ?
Les pénalités de retard passent-elles par la facture électronique ?
L’autoliquidation de la sous-traitance change-t-elle avec la réforme ?
Mes clients particuliers recevront-ils des factures électroniques ?
Les appels du compte prorata et les refacturations entre entreprises sont-ils concernés ?
Et mes factures aux mairies et bailleurs publics ?



