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CACES 2 : de quel engin parle-t-on, et que doit délivrer l’employeur

Ce qui a changé dans cette version
« Il me faut un CACES 2 » : la phrase revient dans toutes les entreprises qui embauchent un conducteur d’engin, et elle ne veut rien dire à elle seule. Selon le matériel visé, elle désigne un chariot de manutention en entrepôt ou une pelle hydraulique sur un terrassement — deux recommandations différentes, deux formations différentes, deux durées de validité différentes. Chez WhySoft Group, éditeur français de logiciels de gestion pour les PME du BTP et de l’industrie, nous voyons surtout la conséquence côté bureau : une habilitation périmée qu’on découvre le matin où le salarié doit monter sur la machine. Ce guide remet les catégories à leur place, rappelle ce que la loi exige réellement de l’employeur, et donne la méthode pour ne plus se faire surprendre par une échéance.
En 30 secondes
- Aujourd’hui, « CACES 2 » désigne la R489 (chariots de manutention à conducteur porté), scindée depuis 2020 en 2A — chariots à plateau porteur — et 2B — chariots tracteurs.
- Sur un chantier, « CACES 2 » est un réflexe d’avant 2020 : c’était la catégorie 2 de la R372m, celle des pelles. Elle correspond aujourd’hui à la R482 catégorie B1.
- Ce n’est pas le CACES qui est obligatoire, c’est l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur (article R. 4323-56 du Code du travail). Le CACES en est le moyen de preuve recommandé.
- Validité : 5 ans pour la R489, 10 ans pour la R482. Deux échéanciers à ne pas confondre dans le même tableau de suivi.
1. « CACES 2 » : deux engins très différents derrière le même chiffre
Le CACES — certificat d’aptitude à la conduite en sécurité — est un dispositif porté par l’Assurance Maladie–Risques professionnels. Il n’existe pas un CACES unique numéroté de 1 à 10 : il existe une recommandation par famille d’équipements, et chacune a sa propre numérotation de catégories. Un « CACES 2 » n’a donc de sens qu’accompagné du numéro de sa recommandation.
Le référentiel a été entièrement refondu au 1er janvier 2020 : les anciennes recommandations (R389, R372m, R386…) ont été remplacées par la série R482 à R490. C’est de cette refonte que vient la confusion, parce que les habitudes de langage, elles, n’ont pas changé sur les chantiers.
| Quand on dit « CACES 2 »… | Recommandation | Engin réellement visé | Validité |
|---|---|---|---|
| En entrepôt, en atelier, sur un dépôt de matériaux | R489 catégorie 2A ou 2B | Chariot à plateau porteur (2A) ou chariot tracteur (2B), à conducteur porté | 5 ans |
| Sur un chantier de terrassement (réflexe d’avant 2020) | Ex-R372m catégorie 2 → aujourd’hui R482 catégorie B1 | Pelle hydraulique et engins d’extraction à déplacement séquentiel | 10 ans |
| Pour un gerbeur mené à pied | R485 catégorie 2 | Gerbeur à conducteur accompagnant, levée supérieure à 1,20 m | 5 ans |
| Pour une nacelle | R486 (groupes A et B, types 1 à 3) | Plateforme élévatrice mobile de personnel — la R486 ne se numérote pas en catégories 1, 2, 3 | 5 ans |
2. La R489 : ce que recouvrent exactement les catégories 2A et 2B
La recommandation R489 couvre les chariots de manutention automoteurs à conducteur porté — l’ancienne R389. Sa catégorie 2 a été scindée en deux sous-catégories en 2020 : la 2A pour les chariots à plateau porteur, la 2B pour les chariots tracteurs. Un salarié titulaire de l’ancien CACES R389 catégorie 2 relève désormais de l’une ou l’autre selon la machine qu’il conduit réellement.
| Catégorie R489 | Engins concernés |
|---|---|
| 1A | Transpalettes à conducteur porté et préparateurs de commandes au sol, levée ≤ 1,20 m |
| 1B | Gerbeurs à conducteur porté et préparateurs de commandes, levée > 1,20 m |
| 2A | Chariots à plateau porteur, capacité de charge ≤ 2 tonnes |
| 2B | Chariots tracteurs industriels, capacité de traction < 25 tonnes |
| 3 | Chariots élévateurs frontaux en porte-à-faux, capacité ≤ 6 tonnes — la catégorie la plus répandue |
| 4 | Chariots élévateurs frontaux en porte-à-faux, capacité > 6 tonnes |
| 5 | Chariots élévateurs à mât rétractable |
| 6 | Chariots à poste de conduite élevable, hauteur de plancher > 1,20 m |
Deux conséquences pratiques pour une PME. D’abord, un CACES ne couvre qu’une catégorie : le titulaire d’un 2B ne peut pas monter sur un frontal de 3 tonnes, qui relève de la catégorie 3. Ensuite, la capacité de la machine est le critère de bascule : un chariot à plateau porteur de plus de 2 tonnes ne relève plus de la 2A. Le certificat se lit toujours avec la plaque de l’engin à côté.
3. Le « CACES 2 » du chantier : ce qu’il faut demander aujourd’hui
Sur un chantier, « CACES 2 » désignait la catégorie 2 de la R372m : les engins d’extraction et de chargement à déplacement séquentiel, c’est-à-dire les pelles hydrauliques. Depuis 2020, cette famille relève de la R482 et la bonne référence est la catégorie B1. Une entreprise de terrassement qui recrute « un CACES 2 » cherche donc, en pratique, un R482 B1.
| Ancienne R372m | Nouvelle R482 | Engins |
|---|---|---|
| Catégorie 1 | A | Engins compacts : pelles, chargeuses, compacteurs et moto-basculeurs de masse ≤ 6 t, tracteurs agricoles ≤ 100 ch |
| Catégorie 2 | B1 | Pelles hydrauliques de masse > 6 t, à chenilles ou sur pneumatiques, pelles multifonctions |
| Catégorie 4 | C1 | Chargeuses et chargeuses-pelleteuses de masse > 6 t |
| Catégorie 9 | F | Chariots de manutention tout-terrain à mât ou à flèche télescopique |
| Catégorie 10 | G | Conduite hors production : déplacement, chargement sur porte-engins, démonstration, essais |
La R482 comporte aussi les catégories B2 et B3 (engins de sondage ou de forage, engins rail-route), C2 et C3 (engins de réglage et de nivellement), D (compactage) et E (transport, tombereaux). Une entreprise de travaux publics a donc rarement affaire à une seule catégorie : c’est le parc matériel qui dicte la liste, pas l’inverse.
4. Ce qui est réellement obligatoire : l’autorisation de conduite
Le CACES n’est pas obligatoire en droit. Ce que le Code du travail impose, c’est l’autorisation de conduite, délivrée par l’employeur pour les équipements de travail mobiles automoteurs et ceux servant au levage (article R. 4323-56). Le CACES est le moyen recommandé par l’Assurance Maladie–Risques professionnels pour en établir l’une des conditions — mais il ne remplace pas l’autorisation, il l’alimente.
L’autorisation de conduite repose sur trois conditions cumulatives, et c’est l’employeur qui en répond :
- Une aptitude médicale à la conduite, constatée par le médecin du travail.
- Un contrôle des connaissances et savoir-faire pour la conduite en sécurité — c’est là que le CACES intervient comme preuve.
- Une connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le ou les sites d’utilisation. Cette condition est propre à l’entreprise : elle ne s’achète pas chez un organisme de formation.
La formation à la conduite en sécurité, elle, est exigée par l’article R. 4323-55. Autrement dit : former ne suffit pas, il faut aussi délivrer l’autorisation par écrit et la tenir à jour. C’est ce document que demandera l’inspection du travail, et c’est son absence qui sera reprochée à l’entreprise en cas d’accident — pas l’absence du certificat.
5. Validité, recyclage, durée et coût de la formation
La durée de validité du CACES dépend de la recommandation, pas de la catégorie. Cinq ans pour la plupart des familles — chariots, nacelles, ponts roulants, grues à tour, grues de chargement, gerbeurs. Dix ans pour les engins de chantier (R482) et les grues mobiles (R483). Le recyclage reprend une évaluation complète, théorique et pratique.
Le coût dépend de la catégorie, du nombre de stagiaires et de la région ; un ordre de grandeur courant se situe entre 500 et 900 € HT par personne pour une catégorie de la R489, formation et test compris, et davantage pour les engins de chantier dont la partie pratique est plus longue. La formation intra-entreprise devient généralement plus économique à partir de quatre ou cinq participants, et elle a un avantage que le prix ne dit pas : on s’entraîne sur les machines du parc, pas sur celles du centre.
Côté financement, trois voies existent : la prise en charge par votre OPCO au titre du plan de développement des compétences, le dispositif FNE-Formation selon la situation de l’entreprise, et le compte personnel de formation à l’initiative du salarié. Appelez votre conseiller OPCO avant d’engager la dépense : l’ordre des démarches conditionne la prise en charge.
6. Suivre les échéances de ses équipes sans tableur oublié
Le vrai risque, pour une PME, n’est pas de mal choisir sa formation : c’est de laisser expirer une habilitation. Un CACES R489 arrivé à échéance ne se voit pas — le salarié conduit comme la veille, la machine fonctionne, et l’entreprise est en défaut jusqu’au jour de l’accident ou du contrôle.
Trois réflexes suffisent à fermer le sujet. Tenir la liste des habilitations par salarié et par catégorie, avec la date d’échéance réelle du certificat. Programmer le recyclage trois mois avant l’échéance, parce que les délais des organismes se comptent souvent en semaines. Et rattacher à chaque salarié les pièces qui vont avec : l’avis d’aptitude médicale, l’autorisation de conduite signée, la copie du certificat.
C’est un travail de dossier salarié, au même titre que la carte BTP ou le suivi des heures supplémentaires. Quand les heures des équipes remontent déjà du terrain vers la gestion — par saisie d’activité par affaire —, l’entreprise dispose du même endroit pour ranger les échéances de ses conducteurs et les retrouver sans fouiller un classeur. Sur les chantiers, cette rigueur documentaire rejoint celle du suivi de chantier : ce qui n’est pas rattaché à une affaire ou à un salarié finit par ne plus exister.
Questions fréquentes
C’est quoi le CACES exactement ?
Quelle est la différence entre le CACES 2A et le CACES 2B ?
Le CACES 2 permet-il de conduire les engins du CACES 1 ?
Le CACES est-il obligatoire ?
Combien de temps un CACES 2 reste-t-il valable ?
Combien coûte une formation CACES 2 ?
Peut-on former ses salariés en interne au CACES ?
Un CACES obtenu à l’étranger est-il reconnu en France ?
- 01« CACES 2 » ne veut rien dire sans sa recommandation : R489 2A ou 2B en entrepôt, R482 B1 sur un terrassement.
- 02L’obligation légale porte sur l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur, pas sur le certificat lui-même.
- 03Cinq ans pour les chariots, dix ans pour les engins de chantier : deux échéanciers à tenir séparément.
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