Acompte ou arrhes ? La différence qui engage — et la facture d’acompte qui va avec
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v1.0 — première publication (facture d’acompte) · v2.0 (22/08/2026) — refonte intégrale et élargissement : distinction acompte/arrhes (Code civil + Code de la consommation), règle du défaut, TVA exigible à l’encaissement (réforme 2023 sur les biens), circuit devis → acompte → solde, exemple chiffré. · v2.1 (23/08/2026) — le sort des acomptes et des arrhes dans la facturation électronique (circuit des plateformes agréées, e-reporting) ; intérêts légaux au-delà de trois mois (art. L. 214-2 du Code de la consommation).
Un client verse 30 % à la commande. S’il annule la semaine suivante, pouvez-vous garder la somme — ou doit-il quand même payer le chantier ? Tout dépend d’un mot : acompte ou arrhes. Les deux se versent au même moment, les deux se ressemblent sur le devis — mais l’un engage définitivement les deux parties quand l’autre achète à chacun le droit de se dédire. Et pour un client particulier, le Code de la consommation tranche par défaut… contre vous. Ce guide pose la différence juridique, la règle du défaut, puis toute la mécanique de la facture d’acompte : quand elle est obligatoire, la TVA — exigible dès l’encaissement, pour les services comme pour les biens depuis 2023 —, et la déduction propre sur la facture de solde, dans les règles des mentions obligatoires de facturation.
L’acompte ouvre la chaîne de facturation d’un chantier ; pour choisir l’outil qui l’enchaîne sans ressaisie jusqu’au solde, voyez notre guide du logiciel de facturation bâtiment.
En 30 secondes
- L’acompte engage, les arrhes libèrent : l’acompte est un premier paiement sur un contrat ferme — personne ne peut plus se rétracter sans indemniser l’autre. Les arrhes sont une faculté de dédit : le client qui renonce les perd, le professionnel qui renonce rembourse le double (art. 1590 du Code civil).
- Le piège du défaut : avec un client particulier, les sommes versées d’avance sont des ARRHES sauf stipulation contraire (art. L. 214-1 du Code de la consommation). Un devis qui ne qualifie pas le versement offre au client une porte de sortie légale.
- La facture d’acompte est obligatoire entre professionnels dès qu’un acompte est encaissé (art. 289 du CGI) : mêmes mentions qu’une facture classique, numérotation dans la séquence, et TVA exigible à l’encaissement — pour les prestations comme, depuis le 1er janvier 2023, pour les livraisons de biens.
- Sur la facture de solde, l’acompte se déduit en HT avec sa TVA déjà collectée — jamais en bloc TTC sur le total, sous peine de fausser la TVA du dossier.
Sommaire du guide
1. Acompte ou arrhes : la différence qui engage
L’acompte est un premier paiement sur un contrat définitivement conclu : il vaut commencement d’exécution, et plus personne ne peut se rétracter librement. Les arrhes sont le prix du droit de changer d’avis : le client qui renonce abandonne les arrhes versées ; le professionnel qui renonce doit en restituer le double (art. 1590 du Code civil).
| Question | Acompte | Arrhes |
|---|---|---|
| Le client peut-il annuler ? | Non — le contrat est ferme : il s’expose à devoir exécuter ou indemniser le préjudice (qui peut dépasser l’acompte versé) | Oui — en abandonnant les arrhes, sans autre justification |
| Le professionnel peut-il annuler ? | Non — même engagement ferme, dommages-intérêts à la clé | Oui — en remboursant le double des arrhes reçues |
| La somme s’impute-t-elle sur le prix ? | Oui — c’est un paiement partiel, déduit du solde | Oui si la vente se fait — sinon elle reste acquise (ou doublée) |
| Ce qu’elle dit du contrat | Le contrat est conclu et engage les deux parties | Chaque partie conserve une faculté de dédit tarifée |
2. Le piège du défaut : face à un particulier, arrhes si rien n’est écrit
Art. L. 214-1 du Code de la consommation : pour tout contrat entre un professionnel et un consommateur, « sauf stipulation contraire du contrat, les sommes versées d’avance sont des arrhes » — avec la mécanique du dédit qui va avec, perte pour le client, double pour le professionnel.
- Le devis muet joue contre vous : « versement à la commande : 7 200 € » sans qualification = arrhes. Le client particulier peut renoncer au chantier en abandonnant la somme — et vous ne pouvez exiger ni l’exécution ni le solde.
- Le mot suffit, à condition de l’écrire : « acompte de 30 % à la commande, valant engagement ferme et définitif » sur le devis de travaux constitue la stipulation contraire. La ceinture-bretelles : le rappeler aussi dans les conditions du devis.
- La symétrie vous engage aussi : si vous laissez des arrhes par défaut et renoncez au chantier (planning saturé, sous-évaluation), c’est le DOUBLE que vous restituez — le dédit se paie dans les deux sens.
- Entre professionnels, la liberté contractuelle prime : la qualification écrite fait foi, et l’usage est à l’acompte ferme — mais l’écrire reste la seule protection en cas de litige.
- Au-delà de trois mois, la somme produit des intérêts : acompte ou arrhes, toute somme versée d’avance par un consommateur porte intérêt au taux légal passé un délai de trois mois, jusqu’à la réalisation de la vente ou la restitution (art. L. 214-2 du Code de la consommation) — une raison de plus de ne pas laisser dormir un versement sur un chantier qui glisse.
3. La facture d’acompte : obligatoire, et dans les règles
- L’obligation : entre professionnels, une facture doit être émise pour tout acompte encaissé, avant même la livraison ou l’achèvement de la prestation (art. 289 du CGI). Ce n’est pas un reçu ni un « appel de fonds » : c’est une facture à part entière.
- Les mêmes règles qu’une facture classique : numérotation dans la séquence chronologique (pas de série à part improvisée), mentions obligatoires complètes, référence au devis, et la mention explicite de son objet — « facture d’acompte de 30 % sur devis n°… ».
- Chez un particulier, la note ou facture suit les règles de la facturation aux consommateurs — et la trace écrite de l’encaissement protège les deux parties, quel que soit le régime du versement.
- Facturation électronique : les factures d’acompte entrent dans la réforme comme les autres — émises, transmises et suivies via votre plateforme agréée au même titre que la facture de solde, avec leur cycle de statuts.
4. La TVA sur l’acompte : exigible à l’encaissement
La règle unifiée depuis le 1er janvier 2023 : la TVA est exigible dès l’encaissement de l’acompte — c’était déjà le cas pour les prestations de services, ça l’est désormais aussi pour les livraisons de biens (art. 269 du CGI modifié par la loi de finances pour 2022). L’acompte encaissé en août porte sa TVA sur la déclaration d’août, même si le chantier démarre en octobre.
- Conséquence pratique : la facture d’acompte ventile HT et TVA au taux du chantier — et cette TVA se déclare sur la période de l’encaissement, pas à la facture finale.
- Sous-traitance en autoliquidation : l’acompte suit le régime du marché — facture d’acompte sans TVA, mention « Autoliquidation », comme le détaille notre guide de l’autoliquidation de TVA.
- Taux réduits du bâtiment : l’acompte porte le taux du chantier (10 % ou 5,5 % avec attestation) — le taux se fige dès la première facture, d’où l’importance de qualifier les travaux dès le devis.
5. Le circuit complet : du devis signé à la facture de solde
- Le devis qualifie le versement« Acompte de 30 % à la commande, valant engagement ferme » — le mot, le pourcentage, et la condition de démarrage sont écrits AVANT la signature.
- Le devis est signéLa signature déclenche l’engagement — et le bon réflexe est d’émettre la facture d’acompte dans la foulée, référencée au devis.
- L’acompte est encaissé, sa TVA déclaréeL’encaissement déclenche l’exigibilité : la TVA de l’acompte part sur la déclaration de la période, biens comme services.
- Le chantier avance — situations éventuellesSur les chantiers longs, les factures de situation jalonnent l’avancement — chacune déduisant ce qui a déjà été facturé.
- La facture de solde déduit proprementTotal du marché en HT, moins l’acompte HT déjà facturé (avec rappel de sa TVA déjà collectée), TVA sur le solde — jamais une déduction en bloc TTC sur le total.
Glossaire express
- Acompte
- Paiement partiel sur un contrat définitivement conclu — il engage les deux parties et s’impute sur le prix.
- Arrhes
- Somme versée qui ouvre une faculté de dédit : perdue par le client qui renonce, restituée au double par le professionnel qui renonce (art. 1590 C. civ.).
- Faculté de dédit
- Le droit de revenir sur son engagement moyennant le prix convenu — c’est ce que les arrhes tarifent.
- Facture d’acompte
- Facture émise pour un acompte encaissé, dans la séquence de numérotation, portant sa propre TVA exigible.
- Exigibilité de la TVA
- Le moment où la TVA est due au Trésor — pour les acomptes : l’encaissement, biens comme services depuis 2023.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un acompte et des arrhes ?
Un acompte est-il remboursable si le client annule ?
Si le devis ne précise rien, c’est un acompte ou des arrhes ?
La facture d’acompte est-elle obligatoire ?
Quel montant d’acompte demander dans le bâtiment ?
La TVA est-elle due sur un acompte ?
Comment déduire l’acompte sur la facture finale ?
Des arrhes donnent-elles lieu à une facture ?
Sources de ce guide
- Code civil, art. 1590 (arrhes) · Code de la consommation, art. L. 214-1 et L. 214-2 (sommes versées d’avance, présomption d’arrhes).
- Code général des impôts, art. 289 (obligation de facturation des acomptes) et art. 269 modifié (exigibilité de la TVA sur les acomptes de livraisons de biens depuis le 1er janvier 2023 — loi de finances pour 2022) · BOFiP.
- Usages professionnels du bâtiment (montants d’acompte à la commande).
- 01Acompte = engagement ferme des deux parties ; arrhes = droit de se dédire (le client les perd, le pro rend le double) — et face à un particulier, c’est arrhes PAR DÉFAUT si le devis ne dit rien.
- 02La facture d’acompte est une vraie facture : obligatoire dès l’encaissement entre pros, numérotée dans la séquence, avec sa TVA exigible immédiatement — biens comme services depuis 2023.
- 03La déduction se fait en HT sur la facture de solde, avec rappel de la TVA déjà collectée — et tout le circuit (devis → acompte → situations → solde) doit s’enchaîner sans ressaisie.
Le devis accepté génère la facture d’acompte au pourcentage convenu — numérotation continue, TVA au bon taux, déduction automatique sur le solde. Venez voir le circuit complet en démo, sur vos propres devis.
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