DIB — déchets industriels banals : définition, tri 7 flux et le vrai coût du mélange
Dans un atelier de métallerie, une menuiserie ou une entreprise du bâtiment, la benne « DIB » est souvent la plus remplie — et la ligne la plus chère de la facture déchets. Les déchets industriels banals sont tous les déchets de l’entreprise qui ne sont ni dangereux, ni inertes : cartons, plastiques, bois, chutes, emballages, plâtre. Leur particularité est d’être presque tous valorisables séparément — et presque toujours facturés au prix fort quand ils partent en mélange. Cet article pose la définition exacte, les frontières avec les deux autres familles, le tri 7 flux qui s’applique en atelier comme sur chantier, et la mécanique économique qui fait du tri le premier levier d’économie.
En 30 secondes
- Définition : les DIB (déchets industriels banals) sont les déchets non dangereux et non inertes produits par les entreprises — bois, plastiques, cartons, métaux, plâtre, emballages, chutes de production. La réglementation parle de « déchets non dangereux non inertes » ; le terrain a gardé le sigle DIB.
- Ils sont assimilables aux ordures ménagères par nature, pas par volume : au-delà des quantités collectées par le service public, l’entreprise organise et paie leur enlèvement.
- Le tri 7 flux s’applique — papier/carton, métal, plastique, verre, bois, fractions minérales, plâtre — en atelier comme sur chantier (art. D. 543-278 et suivants).
- Le mélange coûte double : un DIB trié se valorise (le métal se revend, le carton et le bois partent en filière matière) ; le même déchet en benne mélangée se paie au tarif le plus élevé.
Sommaire de l’article
1. Ce que sont les DIB — et pourquoi le sigle a survécu aux textes
Les déchets industriels banals désignent l’ensemble des déchets produits par les entreprises qui ne sont ni dangereux, ni inertes. Le terme ne figure plus dans les textes — la réglementation parle de déchets non dangereux non inertes — mais il reste la langue du terrain, des devis de collecteurs et des bennes d’atelier.
« Banal » ne veut pas dire municipal : ces déchets sont assimilables aux ordures ménagères par leur nature (ils ne demandent pas de traitement spécifique de déchet dangereux), mais leur gestion incombe à l’entreprise dès que les volumes dépassent ce que le service public accepte de collecter. Concrètement, pour une PME du bâtiment ou de l’industrie, les DIB sont : les emballages et cartons de livraison, les films et calages plastiques, les chutes de bois et de panneaux, les métaux non valorisés à part, le plâtre, les moquettes et isolants déposés, le tout-venant d’atelier.
2. DIB, inertes, dangereux : où passent les frontières
La famille se détermine par élimination : un déchet marqué d’un astérisque dans la nomenclature est dangereux ; un déchet minéral qui ne se décompose pas, ne brûle pas et ne réagit pas est inerte ; tout le reste est DIB. La frontière se lit dans le code déchet — et elle passe parfois au milieu d’un même matériau.
| Matériau | Version DIB | Ce qui le fait basculer |
|---|---|---|
| Bois | Chutes, palettes, panneaux bruts (17 02 01) | Traité aux substances dangereuses (traverses, bois autoclavés anciens) → 17 02 04*, dangereux |
| Plâtre | Plaques, carreaux, enduits (17 08 02) | Contaminé par substances dangereuses → 17 08 01* ; jamais avec les inertes : le sulfate pollue les gravats |
| Verre | Vitrage déposé, verre d’emballage | Le verre « nu » est inerte ; les menuiseries vitrées complètes restent en DIB tant que cadre et vitrage ne sont pas séparés |
| Isolants | Laines minérales, PSE déposés proprement | Amiantés → 17 06 01*, filière dangereuse intégrale |
| Emballages souillés | Cartons, films, calages propres | Pots, chiffons et contenants souillés de peintures, solvants, hydrocarbures → dangereux, même presque vides |
3. Le tri 7 flux : en atelier comme au chantier
L’obligation de tri à la source des 7 flux — papier/carton, métal, plastique, verre, bois, fractions minérales, plâtre — s’applique à toutes les entreprises, ateliers et sites fixes compris, pas seulement aux chantiers (art. D. 543-278 et suivants du Code de l’environnement). Autrement dit : la benne DIB unique au fond de la cour n’est pas un mode de gestion conforme quand les flux triables y partent en mélange.
- Trier là où le déchet naît — un bac carton près de la réception, un rack à chutes de bois près des machines, un bac métaux qui se revend : le tri qui marche est celui qui ne demande aucun pas de plus.
- La collecte séparée peut être mutualisée — le prestataire peut collecter plusieurs flux en compartimenté, tant que la séparation est préservée jusqu’à la valorisation.
- La dérogation d’emprise se justifie — quand la place manque réellement, le tri peut être fait en aval par un collecteur qui l’atteste ; c’est une exception documentée, pas un régime par défaut.
- La traçabilité suit — les enlèvements de DIB s’inscrivent au registre des déchets ; pas de bordereau requis tant qu’aucun astérisque n’entre dans la benne.
4. Où vont les DIB : les filières dans l’ordre
La hiérarchie des modes de traitement s’applique aux DIB comme au reste : réemploi, recyclage matière, valorisation énergétique, et le stockage en dernier recours — sachant que les DIB valorisables sont progressivement interdits d’enfouissement.
- La valorisation matièreLe métal repart en métallurgie — c’est le seul flux qui se revend ; le carton et le papier en papeterie ; le bois propre en panneaux de particules ; certains plastiques en régénération ; le plâtre en recyclage gypse.
- La valorisation énergétiqueLe bois en fin de cascade et les refus de tri combustibles partent en chaufferies ou en CSR (combustibles solides de récupération).
- Le stockage (ISDND)L’installation de stockage de déchets non dangereux reçoit ce qui n’a pas pu être valorisé — la destination la plus taxée, dont le coût augmente mécaniquement avec la trajectoire de la TGAP.
5. Le vrai coût du mélange — et l’économie du tri
La benne DIB en mélange cumule trois pénalités : elle se paie au tarif le plus élevé de la grille, elle part vers les destinations les plus taxées, et elle emporte avec elle des flux qui auraient rapporté ou rien coûté — le métal qui se revend, le carton repris, le bois en filière matière.
- Le tri est une soustraction de tonnage — chaque flux extrait de la benne mélange est autant de tonnes qui basculent d’un tarif pénalisant vers un tarif réduit, une reprise gratuite ou une recette.
- Le coût se pilote par affaire ou par atelier — enlèvements et locations imputés là où le déchet est né, comme le pose le guide des déchets de chantier : c’est la condition pour voir quel chantier ou quel poste de production remplit la benne chère.
- Le taux de mélange est l’indicateur qui progresse vite — la part du tonnage partie en benne mélange sur le tonnage total : chaque point gagné se lit directement sur la facture du collecteur.
Questions fréquentes sur les DIB
Que veut dire DIB ?
Quelle différence entre DIB et déchets dangereux ?
Le tri 7 flux concerne-t-il les ateliers ou seulement les chantiers ?
Les DIB nécessitent-ils un bordereau de suivi ?
Où jeter les DIB de l’entreprise ?
Pourquoi la benne en mélange coûte-t-elle plus cher ?
Sources de cet article
- Code de l’environnement, art. D. 543-278 et suivants — tri à la source « 7 flux » applicable aux producteurs et détenteurs de déchets.
- Code de l’environnement, art. R. 541-43 — registre chronologique des déchets.
- Code de l’environnement, art. L. 541-1 — hiérarchie des modes de traitement des déchets.
- Annexe de l’article R. 541-7 du Code de l’environnement — nomenclature des déchets (chapitre 17 notamment).
- 01DIB = ni dangereux, ni inerte — et la frontière passe au milieu des matériaux : bois traité, pot souillé et isolant amianté quittent la famille.
- 02Le tri 7 flux s’applique en atelier comme sur chantier : la benne unique au fond de la cour n’est pas un mode de gestion conforme.
- 03Chaque flux extrait de la benne mélange bascule du tarif pénalisant vers une reprise gratuite ou une recette — le taux de mélange est l’indicateur à suivre.
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