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Facture de situation : calcul, mentions obligatoires et pièges à éviter

Par Marie Havet · Mis à jour le 19 août 2026 · 11 min de lecture

Facture de situation de travaux : calcul de l'avancement d'un chantier
v3.0Mis à jour le 19 août 2026
Historique des mises à jour

v3.0 (19/08/2026) : refonte complète — formule de calcul et exemple chiffré complet, distinction acompte / situation / solde, mentions obligatoires spécifiques, numérotation et exigibilité de la TVA, validation de l’avancement, irrévocabilité des factures déposées en facturation électronique, nouveau gabarit.

Un chantier de six mois payé à la fin, c’est une trésorerie qui meurt. La facture de situation existe pour ça : facturer ce qui est réellement réalisé, au fil de l’avancement. Chez WhySoft Group, nous équipons des entreprises du BTP depuis 2004, et nous voyons toujours les mêmes erreurs — des cumuls faits à la main, des mentions manquantes, des numérotations parallèles. Voici la méthode juste, et ce que la facturation électronique rend désormais irréversible.

La situation de travaux est le maillon central de la chaîne de facturation d’un chantier — le panorama complet, du facturier à l’ERP BTP, est dans notre guide du logiciel de facturation bâtiment.

En 30 secondes

  • Le principe : chaque situation facture l’avancement cumulé, moins ce qui a déjà été facturé — acompte compris. On ne facture jamais deux fois la même chose.
  • Le calcul : (montant du marché × avancement cumulé) − cumul déjà facturé, au global ou lot par lot.
  • Les mentions : celles de toute facture, plus le numéro d’ordre de la situation, la référence du marché, l’avancement, le cumul, et la retenue de garantie le cas échéant.
  • ⚡ Le changement de 2026 : une facture déposée sur une plateforme agréée ne se corrige plus — elle s’annule par un avoir. D’où l’intérêt de faire valider l’avancement avant d’émettre.

1. Ce qu’est une facture de situation

Une facture de situation — ou facture d’avancement — est une facture intermédiaire émise pendant l’exécution d’un chantier, qui traduit en euros l’état d’avancement des travaux à une date donnée. Elle ne correspond pas à une livraison définitive mais à une tranche de réalisation constatée, et s’inscrit dans une séquence cumulative qui se referme avec la facture de solde.

Son usage doit être prévu au devis ou au marché : principe de la facturation à l’avancement, rythme (mensuel le plus souvent, ou par jalons : fondations, hors d’eau, hors d’air), et modalités de constat de l’avancement. Une entreprise qui décide en cours de route de facturer par situations sans que le contrat le prévoie s’expose à un refus légitime du client.

Sur le fond, ce document porte une double nature qu’il faut comprendre pour éviter les malentendus : fiscalement, chaque situation est une facture à part entière, avec ses mentions et sa TVA ; contractuellement, elle constate un avancement et n’arrête pas le compte du marché — c’est la facture de solde, ou le décompte général et définitif en marché public, qui clot l’ensemble.

📄 Modèle : une facture de situation réelle en PDFPour voir concrètement à quoi ressemble le document — cumuls, déductions, retenue en pied — téléchargez notre exemple de facture de situation de travaux (PDF), issu d’un dossier réel anonymisé.

2. Acompte, situation, solde : trois documents, trois rôles

Ces trois factures ne sont pas interchangeables. L’acompte finance le démarrage, les situations suivent la production, le solde referme le marché. Confondre acompte et situation est l’erreur la plus répandue — et celle qui dérègle tous les cumuls suivants.

Document Quand Sur quelle base Effet sur le cumul
Facture d’acompte Avant ou au démarrage Un montant contractuel, sans lien avec l’avancement À déduire des situations suivantes
Facture de situation Pendant le chantier, à chaque échéance L’avancement réellement constaté S’additionne jusqu’au montant du marché
Facture de solde À l’achèvement Le reste à facturer, récapitulatif complet Équilibre l’ensemble, retenue comprise

Sur un chantier de douze mois, la séquence type ressemble à : une facture d’acompte, dix à douze situations mensuelles, une facture de solde à la réception. Chaque document a sa logique comptable propre, et l’acompte doit apparaître en déduction dans les situations qui suivent — sinon vous facturez deux fois.

3. Le calcul : toujours en cumul

La règle est unique et non négociable : on calcule le montant cumulé dû à la date de la situation, puis on déduit tout ce qui a déjà été facturé. Deux méthodes existent pour l’avancement : un pourcentage global, ou un avancement lot par lot — la seconde est plus juste sur les chantiers multi-corps d’état.

Montant HT de la situation = (montant total du marché HT × avancement cumulé %) − cumul HT déjà facturé (situations précédentes + acompte)

Un exemple complet sur un marché de 50 000 € HT, TVA 10 %, retenue de garantie de 5 % :

Situation Avancement cumulé Cumul HT dû Déjà facturé Situation HT Net à payer
N° 1 30 % 15 000 € 0 € 15 000 € 15 750 €
N° 2 65 % 32 500 € 15 000 € 17 500 € 18 375 €
N° 3 (solde) 100 % 50 000 € 32 500 € 17 500 € 18 375 €

Le net à payer de chaque situation est minoré de la retenue de garantie — 875 € par situation ici, soit 2 500 € cumulés à libérer un an après la réception. Point capital : la retenue ne diminue pas le montant facturé, seulement le montant appelé au paiement. Le détail de ce mécanisme est dans notre guide de la retenue de garantie.

L’erreur qui coûte le plus cherFacturer l’avancement de la période au lieu de l’avancement cumulé. Sur un chantier à dix situations, une seule erreur de cumul se propage jusqu’au solde — et se solde par un client qui conteste, ou par des travaux jamais facturés.
Exemple completUne situation multi-lots, ligne par ligne

Voici une situation n° 2 sur un marché de 50 000 € HT, avec trois lots à des avancements et des taux de TVA différents — le cas réel, pas le pourcentage global. Une première situation et un acompte ont déjà été facturés pour 15 000 € HT.

Poste Montant du marché HT Avancement cumulé Cumul dû HT TVA
Gros œuvre 30 000 € 80 % 24 000 € 10 %
Plomberie 12 000 € 50 % 6 000 € 10 %
Rénovation énergétique 8 000 € 25 % 2 000 € 5,5 %
Total 50 000 € 32 000 € 2 taux

Du cumul au net à payer. C’est la partie que les tableurs ratent le plus souvent, parce qu’elle empile six opérations.

Étape Calcul Montant
Cumul HT dû à date Somme des cumuls par poste 32 000,00 €
Cumul déjà facturé Situation n° 1 + acompte − 15 000,00 €
Situation HT avant ajustements 32 000 − 15 000 17 000,00 €
Révision de prix 1,2 % 17 000 × 1,2 % + 204,00 €
Compte prorata 0,8 % 17 000 × 0,8 % − 136,00 €
Total HT de la situation 17 000 + 204 − 136 17 068,00 €
TVA 10 % sur 16 001,25 € (part des lots à 10 %) + 1 600,13 €
TVA 5,5 % sur 1 066,75 € (part du lot à 5,5 %) + 58,67 €
Montant TTC 17 068 + 1 658,80 18 726,80 €
Retenue de garantie 5 % sur le HT : 17 068 × 5 % − 853,40 €
Remboursement d’avance selon le marché − 500,00 €
Part sous-traitée en paiement direct réglée directement au sous-traitant − 1 200,00 €
Net à payer 16 173,40 €
Reste à facturer après cette situation 50 000 − 32 000 18 000,00 € HT

Trois enseignements de cet exemple. La TVA se ventile par taux, au prorata de chaque lot : ici 16 001,25 € à 10 % et 1 066,75 € à 5,5 %, et cette ventilation est contrôlée en facturation électronique. La révision de prix et le compte prorata s’appliquent au montant de la situation, avant TVA. Et la retenue de garantie, le remboursement d’avance et la part sous-traitée en paiement direct diminuent le montant appelé au paiement, jamais le montant facturé — 18 726,80 € facturés, 16 173,40 € appelés.

Sur un chantier réel, ces calculs se font poste par poste, situation après situation, sur dix ou douze échéances. C’est exactement le travail qu’un logiciel de gestion fait sans faillir — et qu’un tableau recopié à la main finit toujours par rater.


La facture de situation en vidéo

Une démonstration vaut souvent mieux qu’un tableau : voici le mécanisme de la situation expliqué et déroulé pas à pas dans un logiciel de gestion.

4. Les mentions obligatoires, classiques et spécifiques

Une situation est une facture : toutes les mentions légales s’appliquent (identités, SIREN, numéro unique, dates, désignation, TVA, conditions de règlement, pénalités de retard). S’y ajoutent des mentions propres au mécanisme, dont l’absence est le premier motif de retard de paiement.

  • La mention explicite « Facture de situation » et son numéro d’ordre (situation n° 3).
  • La référence du marché ou du devis, et des avenants s’il y en a.
  • L’adresse du chantier — souvent différente de l’adresse de facturation.
  • La période couverte et la date d’arrêté de l’avancement.
  • L’avancement : pourcentage global ou détail par lot — et c’est le détail par lot qui fait foi sur un chantier multi-corps d’état.
  • Le cumul facturé, la déduction des situations précédentes et de l’acompte.
  • La ventilation de la TVA par taux, avec sa base : obligatoire dès que le chantier mêle neuf, rénovation et rénovation énergétique.
  • La révision ou actualisation de prix le cas échéant : formule, indices retenus, coefficient appliqué — sans quoi le client peut refuser la ligne.
  • Le compte prorata, s’il est déduit : ligne identifiée avec son taux, jamais fondu dans le montant.
  • Le remboursement d’avance lorsqu’une avance a été versée, avec le solde restant à rembourser.
  • La part sous-traitée en paiement direct, quand le maître d’ouvrage règle directement le sous-traitant.
  • La retenue de garantie avec sa base et son taux, ou la mention de la caution qui s’y substitue.
  • La mention « Autoliquidation — article 283, 2 nonies du CGI » si vous intervenez en sous-traitance : facture alors strictement hors taxe.
  • Les conditions de règlement : date d’échéance, taux des pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 €, et conditions d’escompte si vous en accordez.
  • Vos assurances (décennale : assureur et couverture géographique), mention attendue dans le bâtiment.
Bon à savoirSur un chantier mêlant neuf et rénovation, plusieurs taux de TVA peuvent coexister — 20 %, 10 %, 5,5 % selon la nature des travaux. Chaque ligne doit alors porter son taux, et la ventilation se reflète dans la situation. C’est l’un des cas où le calcul à la main déraille le plus vite.

5. Numérotation et exigibilité de la TVA

Une situation prend un numéro dans votre séquence unique de facturation — pas dans une numérotation parallèle « situations ». Le numéro d’ordre de la situation (n° 1, n° 2…) s’ajoute, il ne remplace pas.

C’est un point de contrôle fiscal classique : une rupture ou un doublon dans la séquence laisse penser qu’une facture a été omise. Les entreprises qui tiennent deux numérotations — une pour les factures « normales », une pour les situations — se créent un problème gratuit.

Sur la TVA, une règle simple mais souvent ignorée : les travaux étant des prestations de services, la taxe est exigible à l’encaissement, sauf option pour les débits. Concrètement, vous déclarez la TVA d’une situation au moment où elle est payée, non au moment où elle est émise — et c’est aussi vrai pour les acomptes. C’est cette mécanique qui explique pourquoi la réforme prévoit la transmission des données de paiement : un suivi de règlements approximatif devient un angle mort déclaratif.

6. Faire valider l’avancement avant d’émettre

Le pourcentage d’avancement n’est pas une opinion : il se constate. Sur les marchés structurés, il est validé par le maître d’œuvre avant transmission au maître d’ouvrage ; sur les chantiers plus simples, un accord écrit du client — courriel, compte rendu de chantier signé — suffit et protège.

Selon les estimations du secteur, une part importante des litiges de paiement dans le BTP se joue là : non pas sur le prix, mais sur des situations mal documentées, un avancement contesté, un cumul incohérent avec les situations précédentes. Constituer la preuve de l’avancement — relevés, photos, comptes rendus — coûte quelques minutes et évite des semaines de discussion.

La fiche navette : et si elle devenait la norme ?

La fiche navette est un document d’échange, pas une facture. Elle présente l’état d’avancement proposé, se transmet à une date fixe convenue — souvent le 25, le 26 ou le 27 du mois —, et le donneur d’ordre ou le maître d’œuvre la vérifie, l’ajuste, puis la valide. La facture n’est établie qu’ensuite, sur la base validée. Elle ne porte pas de numéro de facture, ne rend aucune TVA exigible et n’a aucune valeur comptable : c’est un support de constat contradictoire.

De nombreux donneurs d’ordre l’imposent déjà, précisément pour éviter les allers-retours et les avoirs. La question mérite donc d’être posée : va-t-on vers une généralisation ? Deux arguments plaident pour.

Le premier est mécanique. Puisqu’une facture déposée sur une plateforme agréée devient irrévocable, le seul espace de négociation qui reste se situe avant l’émission. La fiche navette occupe exactement cet espace : elle redevient le lieu où l’on discute l’avancement, à un moment où la discussion ne coûte rien.

Le second est comptable. Une facture rejetée ou annulée par avoir laisse une trace, mobilise du temps et retarde le règlement ; une fiche navette corrigée ne laisse rien. Mieux vaut trois échanges sur un document sans portée qu’un avoir sur une facture émise.

Deux précautions, tout de mêmeLa fiche navette n’a aucun statut réglementaire : sa date, son contenu et le délai de retour du donneur d’ordre relèvent du marché ou du CCAP. Faites-les inscrire, sans quoi la pratique se retourne contre vous. Et rappelez-vous que le délai de paiement court à compter de la facture, non de la navette : une validation qui traîne repousse d’autant votre encaissement. Prévoyez donc un délai de retour, et la faculté d’émettre si ce délai est dépassé.

Point pratique, et c’est là que l’outil compte : la navette et la facture doivent sortir des mêmes données. Une navette validée puis ressaisie ailleurs, c’est un écart qui apparaît au moment le plus mal choisi. Éditer la fiche navette depuis le logiciel de gestion, puis transformer la version validée en facture, supprime cet écart par construction — c’est ce que nous faisons chez WhySoft Group, et cette étape amont prendra d’autant plus d’importance que la facture, elle, se rigidifie.

7. Ce que la facturation électronique change vraiment

À partir du 1er septembre 2026, une situation adressée à un client professionnel est une facture électronique comme une autre : elle transite par une plateforme agréée, au format structuré. Les grandes entreprises et ETI émettent dès cette date, les PME à partir du 1er septembre 2027.

Trois conséquences très concrètes pour vos situations. D’abord, les données qui étaient du texte libre deviennent des champs contrôlés : référence de marché, cumuls, retenue, autoliquidation. Une incohérence n’est plus arbitrée par téléphone, elle produit un rejet motivé. Ensuite, la retenue de garantie s’exprime dans un champ dédié du format — montant appelé au paiement distinct du total facturé — et non comme une ligne bricolée en pied de facture.

Enfin, et c’est le changement d’habitude le plus profond : une facture déposée sur la plateforme est irrévocable. Fini le « je te la refais » quand le maître d’œuvre revoit le pourcentage à la baisse : la correction passe par un avoir, puis une nouvelle facture. La bonne pratique s’impose donc d’elle-même — faire valider l’avancement sur un document proforma, puis n’émettre la facture qu’une fois l’accord obtenu. Notre guide de la facturation électronique dans le BTP détaille tous les autres cas du chantier.

8. Ce qu’un logiciel doit savoir traiter — grille d’évaluation

Peu d’outils couvrent réellement tous les cas d’une facturation à l’avancement. Beaucoup savent calculer un pourcentage ; très peu savent enchaîner, sur douze mois, l’ensemble des mécanismes qui s’empilent sur une situation. Voici la grille que nous conseillons d’opposer à n’importe quel éditeur — la nôtre y compris.

Le piège que personne ne mentionne : l’arrondi

C’est le cas le plus banal, et l’un des plus bloquants. Chaque logiciel arrondit à sa façon : à la ligne, au sous-total ou au cumul, avec sa propre règle pour les demi-centimes. Si votre logiciel arrondit ligne par ligne et que celui du maître d’œuvre arrondit au cumul, vos deux situations diffèrent de quelques centimes — et une situation qui ne concorde pas au centime revient corrigée, ou reste bloquée dans un circuit de validation.

La parade n’est pas de recalculer à la main : c’est de pouvoir paramétrer la règle d’arrondi et le niveau auquel elle s’applique, pour s’aligner sur celle du donneur d’ordre. C’est un réglage invisible dans les brochures, et pourtant c’est lui qui décide si votre situation passe du premier coup.

Les mécanismes à couvrir

  • L’avancement lot par lot, avec plusieurs taux de TVA ventilés et l’autoliquidation en sous-traitance.
  • L’actualisation et la révision de prix : formules paramétriques, indices, coefficients — et leur trace sur la facture.
  • Les acomptes et l’avance, avec leur remboursement échelonné sur les situations suivantes.
  • Le compte prorata et les comptes interentreprises, distincts l’un de l’autre.
  • La retenue de garantie et la caution qui s’y substitue, avec le suivi de sa libération.
  • Les pénalités de retard, les travaux supplémentaires et les avenants.
  • Le paiement direct des sous-traitants et la cotraitance.
  • Le décompte général et définitif, qui doit tout récapituler sans rien perdre.
  • Les avoirs — devenus la seule voie de correction depuis la facturation électronique.

Septembre 2027 : la soupape disparaît

Voici le vrai sujet, et il est mal posé partout. Aujourd’hui, quand une situation ne concorde pas avec ce qu’attend le donneur d’ordre — un arrondi qui diffère de quelques centimes, une ligne à ajouter, une retenue à présenter autrement — on exporte vers un tableur, on ajuste, on renvoie un PDF. Cette retouche a posteriori est la soupape qui fait tenir tout le système. Ce n’est pas une mauvaise pratique : c’est la seule souplesse dont disposent les entreprises.

À partir du 1er septembre 2027, cette soupape se referme. Votre facture part au format structuré via une plateforme agréée, telle que votre logiciel l’a produite : plus de PDF retouché, plus d’export retravaillé, plus d’ajustement après coup. La concordance et la conformité doivent donc être obtenues en amont, nativement dans l’outil.

Et c’est là que le risque se déplace. Le danger n’est pas le tableur — c’est le logiciel moins permissif qu’un tableur, mais dépourvu des mécanismes nécessaires : arrondis non paramétrables, révision de prix absente, compte prorata bricolé en ligne de remise, paiement direct impossible à isoler. On y perd la souplesse d’hier sans gagner la capacité de demain. Une entreprise dans cette situation ne sera pas seulement mal comprise : elle sera bloquée dans ses règlements, avec l’effet de trésorerie qui va avec.

La vue à l’affaire : voir tout un chantier d’un seul coup d’œil

Dernier point, et c’est celui sur lequel nous nous distinguons le plus nettement : la gestion à l’affaire. Sur un chantier de douze mois, la question n’est jamais « combien fait cette situation » mais « où en est-on » — quelle situation a été facturée quand, à quel montant, quelle retenue a été prélevée sur laquelle, ce qui reste à facturer, ce qui reste à libérer.

Un tableau de synthèse par affaire qui rassemble toutes les factures, leurs dates, leurs montants, les retenues et la situation sur laquelle chacune a été débitée règle en un regard ce qui prend habituellement une demi-journée de reconstitution — et c’est ce document qui désamorce une contestation client avant qu’elle ne devienne un litige. Peu d’outils du marché le proposent réellement. C’est une fonction que nous avons construite et éprouvée auprès de centaines d’entreprises du bâtiment depuis 2004.

Ce que nous en pensonsLe tableur n’est pas le coupable : c’est aujourd’hui la soupape, celle qui permet de faire concorder une situation avec les attentes du donneur d’ordre. Ce qui change en septembre 2027, c’est que la retouche devient impossible — la facture partira telle que le logiciel l’a produite. La bonne question à poser à votre éditeur n’est donc pas « savez-vous faire une facture de situation », mais « savez-vous en produire une qui concorde du premier coup » : arrondis alignables sur ceux du donneur d’ordre, révision et prorata en lignes propres, retenue et paiement direct isolés, et une vue à l’affaire qui montre à tout moment où en est le chantier.

Questions fréquentes

Comment calculer une facture de situation ?
Montant HT = (montant total du marché HT × pourcentage d’avancement cumulé) − cumul déjà facturé, acompte inclus. Le calcul peut se faire au global ou lot par lot ; dans les deux cas, c’est l’avancement cumulé qui sert de base, jamais celui de la seule période.
Quelle différence entre acompte et facture de situation ?
L’acompte est un versement anticipé sans lien avec l’avancement, émis avant ou au démarrage du chantier. La situation facture des travaux réellement exécutés et constatés. L’acompte doit être déduit des situations suivantes ou du solde.
Quelles mentions obligatoires sur une facture de situation ?
Celles de toute facture, plus : la mention « facture de situation », le numéro d’ordre, la référence du marché ou du devis, l’adresse du chantier, la période, l’avancement, le cumul facturé et les déductions, la retenue de garantie, et la mention d’autoliquidation en cas de sous-traitance.
Faut-il une numérotation séparée pour les situations ?
Non. La situation prend un numéro dans votre séquence unique de facturation ; le numéro d’ordre de la situation s’ajoute. Une numérotation parallèle crée des ruptures de séquence, signalées en cas de contrôle.
Quand la TVA d’une situation est-elle due ?
À l’encaissement, les travaux étant des prestations de services — sauf option pour la TVA d’après les débits. C’est aussi vrai pour les acomptes, dès leur perception.
Une situation de travaux est-elle une facture électronique ?
Oui dès que le client est un professionnel : à partir du 1er septembre 2026, elle transite par une plateforme agréée au format structuré. L’émission des PME devient obligatoire au 1er septembre 2027.
Qu’est-ce qu’une fiche navette dans le BTP ?
Un document d’échange transmis à date fixe — souvent vers le 25 du mois — qui présente l’état d’avancement proposé. Le donneur d’ordre le vérifie, l’ajuste et le valide ; la facture de situation est établie ensuite, sur la base validée. Ce n’est pas une facture : pas de numéro, pas de TVA exigible, aucune valeur comptable. Attention toutefois : le délai de paiement court à compter de la facture, pas de la navette.
Peut-on corriger une situation déjà envoyée ?
En facturation électronique, non : une facture déposée sur la plateforme est irrévocable. La correction passe par un avoir puis une nouvelle facture. D’où l’intérêt de faire valider l’avancement sur un proforma avant d’émettre.
Pourquoi ma situation ne concorde-t-elle pas avec celle du maître d’œuvre ?
Dans la grande majorité des cas, c’est un écart d’arrondi : votre logiciel arrondit à la ligne quand celui d’en face arrondit au cumul, ou l’inverse. L’écart ne dépasse pas quelques centimes, mais il suffit à faire revenir la situation. La solution est de pouvoir paramétrer la règle d’arrondi et le niveau auquel elle s’applique, pour s’aligner sur le donneur d’ordre.
Comment savoir si mon logiciel sera prêt pour 2027 ?
Posez-lui la question des cas réels, pas du format : sait-il traiter l’avancement lot par lot avec plusieurs taux de TVA, l’actualisation et la révision de prix, le remboursement d’avance, le compte prorata, la retenue de garantie et sa caution, les pénalités, le paiement direct des sous-traitants, la cotraitance et le décompte général ? Et surtout : chaque donnée tombe-t-elle dans le champ prévu du format structuré ? À partir du moment où vos factures sont émises électroniquement, une donnée mal placée devient un rejet, donc un retard de paiement.
La retenue de garantie diminue-t-elle le montant facturé ?
Non : elle diminue le montant appelé au paiement, pas le total facturé. Le montant retenu reste dû et sera libéré un an après la réception, sauf réserves non levées.
À retenirTrois points à garder en tête
  1. 01Toujours raisonner en cumul : avancement total moins déjà facturé, acompte compris.
  2. 02Une seule séquence de numérotation, et les mentions spécifiques au complet — c’est ce qui fait payer à l’heure.
  3. 03Dès 2026, une facture déposée ne se refait plus : validez l’avancement avant d’émettre.
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Marie HAVET

Chez WhySoft Group depuis 2004, Marie est la référente facturation électronique de l'équipe : Pennylane, Zeendoc et toute la gamme WHY n'ont pas de secret pour elle. Formée aux mathématiques, elle aime les processus carrés… expliqués simplement.