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DC4 : remplir la déclaration de sous-traitance sans rejet

Par Arthur Gueroult · Publié le 22 août 2026 · 10 min de lecture

v1.0Publié le 22 août 2026
Historique des mises à jour

v1.0 (22/08/2026) : version initiale — formulaire en vigueur (version DAJ applicable depuis le 1er janvier 2024, rubrique durée ajoutée, clause RGPD intégrée fin 2024), circuit d’acceptation, paiement direct, autoliquidation, motifs de rejet.

Le DC4 est le formulaire le plus rempli — et le plus rejeté — de la sous-traitance en marché public. Chez WhySoft Group, nous voyons passer le cas chaque semaine chez nos clients du BTP : un sous-traitant déjà sur le chantier, un DC4 transmis en retard ou incomplet, et un paiement direct qui se bloque. La règle tient pourtant en une phrase : aucun sous-traitant ne travaille avant d’être accepté, et l’acceptation passe par ce document. Voici le formulaire dans sa version en vigueur, rubrique par rubrique, avec les pièges réels — celui de la durée en mois, celui de l’autoliquidation, celui de l’exemplaire unique. Ce guide est une étape de notre parcours marchés publics BTP — du dossier de consultation au solde.

En 30 secondes

  • Quoi : le DC4 est le formulaire de la DAJ par lequel le titulaire d’un marché public présente un sous-traitant à l’acheteur, pour obtenir son acceptation et l’agrément de ses conditions de paiement — obligation posée par la loi du 31 décembre 1975.
  • Quand : à deux moments — annexé à l’offre, ou en cours d’exécution comme « acte spécial ». Dans les deux cas, avant toute intervention du sous-traitant sur le chantier.
  • Le délai : l’acheteur a 21 jours ; son silence vaut acceptation. Un DC4 distinct par sous-traitant, à chaque rang de la chaîne.
  • L’enjeu : le paiement direct — dès 600 €, le sous-traitant de premier rang accepté est payé par l’acheteur, pas par vous. Toute renonciation à ce droit est réputée non écrite.
21 joursde délai d’acceptation — le silence de l’acheteur vaut accordArt. R. 2193-5 du Code de la commande publique
600 €le seuil à partir duquel le paiement direct s’applique au sous-traitant de 1er rangArt. R. 2193-10 du CCP
1975la loi qui fonde tout le régime — et que le DC4 met en musiqueLoi n° 75-1334 du 31 décembre 1975
01/01/2024la version du formulaire en vigueur (rubrique durée ajoutée)Formulaire DAJ du 12/10/2023, complété fin 2024 (RGPD)

1. Ce qu’est le DC4 — et pourquoi il n’est pas une formalité

Le DC4 est le formulaire de « déclaration de sous-traitance » publié par la Direction des affaires juridiques de Bercy. Il matérialise une obligation de fond : en marché public, tout sous-traitant doit être accepté par l’acheteur et ses conditions de paiement agréées avant d’intervenir (loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975, articles L. 2193-1 et suivants du Code de la commande publique).

Trois précisions qui évitent de partir de travers. D’abord, le formulaire lui-même est facultatif : c’est l’acceptation qui est obligatoire, pas l’imprimé — mais la plupart des règlements de consultation l’exigent, et il n’existe aucune raison de s’en priver. Ensuite, il faut un DC4 distinct par sous-traitant : trois sous-traitants, trois formulaires. Enfin, l’obligation vaut à tous les rangs : votre sous-traitant qui sous-traite à son tour doit faire accepter son propre sous-traitant — chacun est entrepreneur principal vis-à-vis du rang suivant.

Deux limites de périmètre, souvent découvertes trop tard : on ne sous-traite que des travaux ou des services — un fournisseur de matériaux n’est pas un sous-traitant et n’a pas à être déclaré — et la sous-traitance totale du marché est interdite.

La version en vigueurLe DC4 applicable est celui publié par la DAJ pour une application au 1er janvier 2024 — reconnaissable à sa rubrique consacrée à la durée du contrat de sous-traitance en nombre de mois, absente des millésimes antérieurs — complété fin 2024 d’une clause de conformité RGPD. Remplir un vieux millésime récupéré dans un dossier de 2022 est un motif de renvoi classique : téléchargez le formulaire et sa notice sur economie.gouv.fr au moment de la réponse, pas avant.

2. Quand le transmettre : à l’offre, ou en acte spécial

Le DC4 se présente à deux moments, et la mécanique diffère. Annexé à l’offre, il annonce la sous-traitance dès la candidature : la notification du marché emportera alors acceptation et agrément. Transmis en cours d’exécution, il devient un « acte spécial » : le titulaire l’adresse signé de lui-même et du sous-traitant, par recommandé avec accusé de réception, remise contre récépissé ou voie dématérialisée avec preuve de réception.

C’est là que le délai compte : l’acheteur dispose de 21 jours pour se prononcer, et son silence vaut acceptation (art. R. 2193-5). Vingt et un jours, sur un chantier, c’est long — d’où la règle d’or des conducteurs de travaux aguerris : anticiper le DC4 dès que la sous-traitance se dessine, jamais la veille de l’intervention. Un sous-traitant qui commence avant l’acceptation travaille sans droit au paiement direct, et expose le titulaire à la résiliation du marché à ses torts exclusifs.

  1. Le contrat de sous-traitance se profileRécupérez immédiatement les pièces du sous-traitant : SIRET, attestations fiscale et sociale, RIB, références. C’est l’attente de ces pièces qui fait perdre les 21 jours, pas le remplissage.
  2. Remplissez et signez à deuxTitulaire et sous-traitant signent l’acte spécial. Vérifiez la cohérence des montants avec votre propre marché — c’est le premier contrôle de l’acheteur.
  3. Transmettez avec preuve de réceptionRAR, récépissé ou plateforme de dématérialisation : la date de réception ouvre le délai de 21 jours.
  4. Consignez l’acceptationAcceptation expresse ou silence de 21 jours : datez l’événement dans le dossier de l’affaire. Le sous-traitant peut intervenir — pas avant.

3. Rubrique par rubrique : ce que l’acheteur vérifie vraiment

Le formulaire déroule une logique en quatre temps : qui (acheteur, marché, titulaire, sous-traitant), quoi (nature et prix des prestations sous-traitées), comment payer (conditions, compte, paiement direct), et quelles garanties (déclarations, capacités, cession de créances). Chaque bloc a son piège.

Bloc du formulaire Ce qu’on y déclare Le piège à éviter
Identification (acheteur, marché, titulaire, sous-traitant) Coordonnées complètes, SIRET, objet du marché et, le cas échéant, le lot concerné Un SIRET erroné ou une raison sociale approximative : l’acheteur croise avec ses données, l’écart fait renvoyer le dossier
Déclaration du sous-traitant Attestation sur l’honneur qu’il n’entre dans aucun cas d’interdiction de soumissionner Oublier que cette déclaration engage : un sous-traitant en irrégularité fiscale ou sociale bloque l’agrément
Nature et prix des prestations (rubrique F) Description précise des prestations, montant maximum HT, modalités de variation des prix La partie autoliquidation : pour les travaux de l’article 283-2 nonies du CGI, indiquer le montant hors TVA à verser en paiement direct — la TVA est due par le titulaire (voir notre guide de l’autoliquidation de TVA)
Conditions de paiement (rubrique G) Modalités de règlement, compte à créditer (RIB du sous-traitant) Un RIB manquant ou au mauvais nom : le paiement direct ne peut techniquement pas se mettre en place
Durée du contrat (rubrique I — nouveauté 2024) Durée de la sous-traitance en nombre de mois La règle d’arrondi : toujours au nombre entier supérieur — 20 jours = 1 mois, 1 mois et 2 semaines = 2 mois
Capacités du sous-traitant Aptitude professionnelle, capacités économiques et techniques — en annexe ou via la rubrique H d’un DC2 Renvoyer à un DC2 qui n’est pas joint : la référence croisée doit être vérifiable
Cession ou nantissement de créances (rubrique L) Attestation qu’aucune cession Dailly ni nantissement ne fait obstacle au paiement direct ; sinon, mainlevée ou attestation du bénéficiaire En acte spécial, joindre l’exemplaire unique ou le certificat de cessibilité (art. R. 2193-22) — l’oubli le plus fréquent des dossiers renvoyés
Acceptation et agrément (signatures) Signatures du titulaire, du sous-traitant, puis de l’acheteur À l’offre, vérifier dans le règlement de consultation si la signature est exigée à ce stade — elle ne l’est pas toujours

4. Le paiement direct : le vrai enjeu du formulaire

Le paiement direct est le droit, pour le sous-traitant de premier rang accepté et agréé, d’être payé directement par l’acheteur public pour la part du marché qu’il exécute — dès que cette part atteint 600 € (art. R. 2193-10). C’est un droit d’ordre public : toute renonciation est réputée non écrite, même signée des deux parties.

Concrètement : le sous-traitant adresse sa demande de paiement au titulaire, qui dispose d’un délai pour l’accepter ou la contester ; elle est ensuite réglée par l’acheteur — avec, depuis le 1er janvier 2025, un délai de paiement aligné sur celui du titulaire. Sur les marchés de travaux, le dépôt passe par Chorus Pro, et c’est le sous-traitant admis au paiement direct qui dépose lui-même ses factures : le mécanisme complet, cadre de facturation compris, est dans notre guide Chorus Pro, et la procédure côté sous-traitant dans notre article dédié au paiement direct du sous-traitant.

Le malentendu du second rangLe paiement direct ne bénéficie qu’au sous-traitant de premier rang. Le sous-traitant de rang 2 est payé par celui de rang 1 — protégé différemment (caution ou délégation de paiement, art. 14 de la loi de 1975). Beaucoup de rejets de demandes de paiement viennent de cette confusion.

5. Les six motifs de rejet — et comment les neutraliser

  • Le millésime périmé — un formulaire antérieur à la version applicable au 1er janvier 2024, sans la rubrique durée. Téléchargez la version en vigueur à chaque réponse.
  • Les attestations manquantes — sans les justificatifs fiscaux et sociaux du sous-traitant, l’acheteur ne peut pas agréer. Réclamez-les au sous-traitant avant de remplir quoi que ce soit.
  • Les montants incohérents — un montant sous-traité qui ne colle pas avec l’offre, ou dont le cumul excède la part sous-traitable. L’acheteur additionne ; faites-le avant lui.
  • Le RIB absent ou discordant — pas de compte à créditer, pas de paiement direct.
  • L’exemplaire unique oublié — en acte spécial, la preuve qu’aucune cession de créances ne bloque le paiement direct est exigée (rubrique L). C’est le motif de renvoi le plus fréquent, et le plus évitable.
  • La case autoliquidation ignorée — sur les travaux de bâtiment, la TVA du sous-traitant est autoliquidée par le preneur : montant HT au DC4, mention « Autoliquidation » sur les factures. L’erreur coûte 5 % du montant en cas de contrôle.
Ce que nous en pensonsLe DC4 n’est pas un exercice de style administratif : c’est la photographie d’un dossier de sous-traitance bien tenu. Toutes les données qu’il réclame — montants sous-traités par affaire, RIB et attestations du sous-traitant, régime de TVA, durée du contrat — existent déjà quelque part dans votre entreprise. La seule question est de savoir si elles vivent dans un classeur et trois boîtes mail, ou dans la fiche de l’affaire de votre logiciel ERP bâtiment, où l’autoliquidation se porte seule sur les factures et où les attestations ont une date d’échéance. Le formulaire se remplit alors en dix minutes, sans mémoire ni recopie — et sans motif de rejet.
Le guide DC4 champ par champ — gratuit, sans inscriptionLe formulaire complet annoté rubrique par rubrique : quoi écrire dans chaque case, les pièges signalés au bon endroit, la check-list avant envoi. Aucun formulaire — vous cliquez, vous avez le document.

Le formulaire officiel vierge reste à télécharger sur economie.gouv.fr (lien dans les sources ci-dessous) — notre guide s’utilise à côté, pendant le remplissage. Édité par WhySoft Group (v1.0 — août 2026).

Questions fréquentes

Le formulaire DC4 est-il obligatoire ?
Le formulaire lui-même est facultatif — c’est l’acceptation du sous-traitant et l’agrément de ses conditions de paiement qui sont obligatoires (loi du 31 décembre 1975). En pratique, la plupart des acheteurs exigent le DC4 dans leur règlement de consultation, et l’utiliser reste le moyen le plus sûr de ne rien omettre.
Qui remplit et qui signe le DC4 ?
Le titulaire (ou le soumissionnaire) le remplit avec les informations du sous-traitant. En acte spécial, titulaire et sous-traitant signent tous les deux avant transmission ; l’acheteur signe pour accepter. À l’offre, la signature n’est pas toujours exigée à ce stade — le règlement de consultation fait foi.
Quel délai pour l’acheteur, et que vaut son silence ?
L’acheteur dispose de 21 jours à compter de la réception de la déclaration. Son silence à l’issue de ce délai vaut acceptation du sous-traitant et agrément de ses conditions de paiement (art. R. 2193-5 du Code de la commande publique).
Peut-on présenter un sous-traitant après l’attribution du marché ?
Oui : le DC4 devient alors un acte spécial, signé du titulaire et du sous-traitant, transmis avec preuve de réception. Le sous-traitant ne doit pas intervenir avant l’acceptation — un sous-traitant non déclaré expose le titulaire à la résiliation du marché à ses torts.
Faut-il un DC4 pour un sous-traitant de second rang ?
Oui : l’acceptation et l’agrément s’appliquent à tous les rangs — chaque sous-traitant est entrepreneur principal vis-à-vis de son propre sous-traitant. En revanche, le paiement direct ne bénéficie qu’au premier rang ; le second rang est protégé par caution ou délégation de paiement.
Comment le DC4 gère-t-il l’autoliquidation de TVA ?
Pour les travaux relevant de l’article 283-2 nonies du CGI, la rubrique consacrée au prix prévoit d’indiquer le montant hors TVA des sommes à verser en paiement direct : la TVA est due par le titulaire, et le sous-traitant facture hors taxe avec la mention « Autoliquidation ».
Un fournisseur de matériaux doit-il être déclaré au DC4 ?
Non : la sous-traitance ne concerne que les travaux et les services (article 1er de la loi de 1975). La fourniture de matériaux relève de l’achat, pas de la sous-traitance — aucune acceptation n’est requise.

Sources et références

  1. Formulaire DC4 — version en vigueur et sa notice explicative (DAJ, economie.gouv.fr).
  2. Loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance (Légifrance) — acceptation, agrément, paiement direct, protection des rangs suivants.
  3. Code de la commande publique, art. L. 2193-1 et suivants et R. 2193-1 à R. 2193-22 — régime de la sous-traitance en marché public, délai d’acceptation, seuil du paiement direct, exemplaire unique.
  4. BOFiP BOI-TVA-DECLA-10-10-20 — autoliquidation de la TVA sur les travaux de construction sous-traités (art. 283-2 nonies du CGI).
À retenirTrois points à garder en tête
  1. 01Aucun sous-traitant n’intervient avant acceptation : DC4 transmis avec preuve de réception, 21 jours de délai, le silence de l’acheteur vaut accord.
  2. 02Le paiement direct est un droit d’ordre public dès 600 € pour le premier rang — RIB au dossier, exemplaire unique joint en acte spécial, toute renonciation est non écrite.
  3. 03Les rejets viennent des détails vérifiables : millésime du formulaire, attestations, cohérence des montants, durée en mois arrondie au supérieur, case autoliquidation.
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Arthur Gueroult

Côté relation client chez WhySoft Group, Arthur est expert des logiciels WHY et de Zeendoc. Il connaît les questions des utilisateurs avant même qu'ils ne les posent — ses articles y répondent sans détour.