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DC1 et DC2 : candidater seul ou en groupement, sans irrégularité

Par Arthur Gueroult · Publié le 22 août 2026 · 9 min de lecture

v1.0Publié le 22 août 2026
Historique des mises à jour

v1.0 (22/08/2026) : version initiale — DC1 version 2019 (plus de signature exigée sauf règlement contraire), DC2 mis à jour fin 2023 (marchés réservés), groupement conjoint/solidaire, appréciation globale des capacités, articulation avec le DUME, jurisprudence 2024.

Une candidature à un marché public se joue avant même l’offre : sur deux formulaires que tout le monde croit connaître. Chez WhySoft Group, nos clients du BTP répondent chaque semaine à des consultations — seuls, en groupement, ou avec des sous-traitants — et la confusion entre ces trois régimes est la première source d’irrégularité. La règle tient en une ligne : le DC1 dit qui candidate, le DC2 prouve qu’il en est capable — et la sous-traitance, elle, se déclare ailleurs. Voici les deux formulaires rubrique par rubrique, le choix conjoint/solidaire qui engage vraiment, et les erreurs qui font écarter un dossier avant lecture de l’offre.

En 30 secondes

  • DC1 : la lettre de candidature — elle identifie le candidat ou le groupement, désigne le mandataire, porte la déclaration sur l’honneur. Un seul par candidature (recommandé), même en groupement. Depuis la version 2019, elle n’a plus à être signée, sauf si le règlement de consultation l’exige.
  • DC2 : la déclaration du candidat — capacités professionnelles, économiques et techniques. Un DC2 par membre du groupement, et un par lot en cas d’allotissement.
  • Le choix qui engage : groupement conjoint (chacun répond de sa part) ou solidaire (chacun répond de tout). L’acheteur ne peut pas vous imposer une forme au stade de la candidature.
  • L’alternative : le DUME remplace valablement DC1 + DC2 — mais beaucoup de règlements de consultation exigent encore les formulaires DAJ.
1 + nun DC1 pour le groupement, un DC2 par membreArt. R. 2143-4 du Code de la commande publique
0 signaturele DC1 version 2019 n’a plus à être signé, sauf exigence du règlement de consultationFormulaire DAJ, notice explicative
Globalel’appréciation des capacités en groupement — les forces des uns compensent les manques des autresArt. R. 2142-25 du CCP
2024un acheteur ne peut pas exiger la solidarité du mandataire au stade de la candidatureTA Toulouse, 23/10/2024, n° 2405943

1. DC1 et DC2 : qui fait quoi — et ce qu’ils ne font pas

Le DC1 est la lettre de candidature publiée par la DAJ de Bercy : elle déclare l’intention de candidater, identifie le candidat seul ou les membres du groupement, désigne le mandataire et porte la déclaration sur l’honneur relative aux interdictions de soumissionner. Le DC2 est la déclaration du candidat : il justifie, pour chaque entreprise, l’aptitude professionnelle, les capacités économiques et financières, et les capacités techniques (art. R. 2143-3 et R. 2143-11 du Code de la commande publique).

Les deux vont ensemble et ne se remplacent pas : un DC2 sans DC1 est irrecevable — l’acheteur n’a pas de lettre de candidature — et un DC1 sans DC2 ne prouve rien. La transmission est électronique par principe (art. R. 2132-7), via le profil d’acheteur de la consultation.

Un troisième régime est souvent confondu avec le groupement : la sous-traitance. Le co-traitant candidate avec vous (DC1 commun, son propre DC2) ; le sous-traitant exécute pour vous et se déclare par un formulaire DC4, avant ou après l’attribution. Choisir l’un ou l’autre change la responsabilité, le paiement et les formulaires — pas seulement le vocabulaire.

2. Le DC1, rubrique par rubrique

La version en vigueur du DC1 date de 2019, et son changement le plus mal connu est là : il n’a plus à être signé, sauf si le règlement de consultation l’impose — car la déclaration sur l’honneur qu’il contient engage déjà son auteur, et une fausse déclaration relève du faux (art. 441-1 du Code pénal).

  1. Identification de l’acheteur et de la consultationReprenez à l’identique les mentions de l’avis de marché : intitulé, référence, et le ou les lots auxquels vous répondez — une candidature « tous lots » quand l’avis exige une réponse par lot est une irrégularité classique.
  2. Présentation du candidatSeul, ou en groupement — et dans ce cas, sa forme : conjoint ou solidaire, et si conjoint, mandataire solidaire ou non (voir section 4). Les membres sont identifiés dans la rubrique dédiée, chacun avec SIRET et coordonnées complètes.
  3. La déclaration sur l’honneurChaque membre atteste ne pas entrer dans un cas d’interdiction de soumissionner (art. L. 2141-1 et suivants : condamnations, obligations fiscales et sociales, redressement sans habilitation…) et certifie l’exactitude des renseignements du DC2 associé.
  4. La désignation du mandataireEn groupement, un membre représente l’ensemble vis-à-vis de l’acheteur et coordonne les prestations (art. R. 2142-24). Tous les formulaires du dossier doivent désigner le même mandataire — la discordance est éliminatoire.
Un seul DC1, ou un par membre ?Les deux sont admis, mais la pratique recommandée est un DC1 unique rempli d’une seule main pour tout le groupement. Si chaque membre remplit le sien, les rubriques communes — forme du groupement, mandataire, répartition — doivent être strictement identiques d’un formulaire à l’autre. C’est possible, et c’est surtout le meilleur moyen de créer une contradiction.

3. Le DC2, rubrique par rubrique

Le DC2 se remplit par entreprise : un pour le candidat individuel, un par membre du groupement (art. R. 2143-4), et un par lot en cas d’allotissement. Sa version en vigueur a été mise à jour fin 2023 — rubrique des marchés réservés remaniée.

Son contenu suit la logique de l’arrêté du 22 mars 2019, qui fixe la liste limitative de ce qu’un acheteur peut demander : identification complète de l’entreprise qui exécutera (établissement, SIRET, statut), chiffres d’affaires des trois derniers exercices, effectifs, références de prestations comparables, moyens matériels et humains, certifications et qualifications. Deux réflexes de terrain font la différence :

  • Les références se préparent avant la consultation, pas pendant. Une liste de chantiers comparables — client, objet, montant, année, attestation — tenue à jour dans votre gestion vaut toutes les nuits blanches de veille de dépôt. C’est la donnée la plus demandée et la plus longue à reconstituer.
  • Les documents accessibles en ligne n’ont pas à être joints : si l’acheteur peut les obtenir gratuitement via un système officiel, indiquer l’adresse et les renseignements d’accès suffit. Encore faut-il que l’accès fonctionne réellement — testez-le.

Et une règle qui change la stratégie des PME : en groupement, les capacités s’apprécient globalement (art. R. 2142-25). Une entreprise dont le chiffre d’affaires ou les références seraient insuffisants seuls peut candidater en groupement — les complémentarités entre membres compensent les insuffisances individuelles. C’est précisément ce que le régime du groupement permet, et que la sous-traitance ne permet pas au stade de la candidature.

4. Conjoint ou solidaire : le choix qui engage vraiment

Le groupement conjoint répartit : chaque membre n’est responsable que des prestations qu’il exécute — le mandataire pouvant, lui, être solidaire. Le groupement solidaire mutualise : chaque membre répond de la totalité du marché, et l’acheteur peut exiger l’exécution de n’importe lequel si un autre défaille.

Critère Groupement conjoint Groupement solidaire
Responsabilité Chacun sur sa part (le mandataire peut être solidaire) Chacun sur la totalité du marché
Défaillance d’un membre L’acheteur se retourne contre le seul défaillant L’acheteur peut exiger l’exécution des autres membres
Cas d’usage BTP Lots techniques distincts — gros œuvre + fluides + finitions Prestations imbriquées, acheteur exigeant une garantie forte
Ce que l’acheteur peut exiger Rien au stade de la candidature : imposer une forme ou la solidarité du mandataire à ce stade est illégal (art. R. 2142-22 ; TA Toulouse, 23/10/2024, n° 2405943). La forme ne peut être exigée, le cas échéant, qu’après attribution.
Le réflexe avant de cocherLa case « solidaire » se coche en dix secondes et engage votre entreprise sur les malfaçons, retards et pénalités des autres. Elle mérite le même traitement qu’une clause de contrat : lecture, chiffrage du risque, et — pour les marchés significatifs — l’avis de votre assureur RC pro et de votre conseil avant dépôt.

5. Et le DUME dans tout ça

Le DUME — document unique de marché européen — peut remplacer valablement le couple DC1 + DC2 : c’est un formulaire standardisé européen, servi en ligne, que l’acheteur est tenu d’accepter (art. R. 2143-4). Il a l’avantage de la réutilisation d’une consultation à l’autre.

En pratique, beaucoup de règlements de consultation français continuent d’exiger les formulaires DAJ, et la plupart des entreprises du BTP répondent encore en DC1/DC2 — le réflexe sûr est donc de lire le règlement de consultation d’abord, comme pour le reste du dossier : notre méthode de lecture du CCTP en chiffreur vaut aussi pour les pièces administratives. Nous consacrerons un guide dédié au DUME dans ce même dossier marchés publics.

6. Les six erreurs qui font écarter un dossier

  • Le DC1 non signé alors que le règlement l’exigeait — la version 2019 dispense de signature par défaut, pas contre le règlement de consultation : un DC1 incomplet ou non signé quand il devait l’être rend la candidature irrégulière.
  • Un mandataire discordant — deux formulaires du même dossier qui ne désignent pas la même entreprise, ou une habilitation absente.
  • Le DC2 manquant d’un membre — un DC2 par membre du groupement, sans exception ; l’oubli du plus petit co-traitant invalide la démonstration de capacités.
  • Des références invérifiables — montants ronds, clients injoignables, années approximatives : l’acheteur vérifie, et le doute lui suffit.
  • La confusion co-traitant / sous-traitant — un « partenaire » présenté en groupement mais traité en sous-traitance (ou l’inverse) : régimes de responsabilité et formulaires incompatibles, dossier à reprendre.
  • Le millésime périmé — comme pour le DC4, téléchargez DC1 et DC2 sur economie.gouv.fr au moment de la réponse : le DC2 a changé fin 2023.
Ce que nous en pensonsUn dossier de candidature n’est pas un exercice d’écriture, c’est un exercice de données : chiffres d’affaires, effectifs, références datées et chiffrées, qualifications à jour. Les entreprises qui répondent vite et juste sont celles où ces données vivent dans la gestion — chaque affaire terminée devient une référence prête à citer, avec son montant réel sorti du logiciel de devis et facturation bâtiment. La candidature cesse alors d’être une corvée de veille de dépôt : c’est une extraction.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le DC1 et le DC2 ?
Le DC1 est la lettre de candidature : il identifie le candidat ou le groupement, désigne le mandataire et porte la déclaration sur l’honneur. Le DC2 est la déclaration du candidat : il justifie les capacités professionnelles, économiques et techniques de chaque entreprise. Le premier dit qui candidate, le second prouve qu’il en est capable.
Faut-il signer le DC1 ?
Plus par défaut : depuis la version 2019, le DC1 n’a pas à être signé — sauf si le règlement de consultation l’exige, auquel cas l’absence de signature rend la candidature irrégulière. Lisez le règlement avant de déposer.
Combien de DC1 et de DC2 en groupement ?
La pratique recommandée : un seul DC1 pour tout le groupement, et un DC2 par membre (plus un jeu par lot en cas d’allotissement). Si chaque membre remplit son propre DC1, les rubriques communes doivent être rigoureusement identiques.
Groupement conjoint ou solidaire : lequel choisir ?
Conjoint quand les prestations sont techniquement séparables et que chacun veut répondre de sa seule part ; solidaire quand les prestations sont imbriquées — en sachant que chaque membre répond alors de la totalité. L’acheteur ne peut pas imposer une forme au stade de la candidature (art. R. 2142-22).
Une PME peut-elle candidater si ses références sont insuffisantes seules ?
Oui, en groupement : les capacités s’apprécient globalement (art. R. 2142-25), les complémentarités entre membres compensent les insuffisances individuelles. C’est l’un des intérêts majeurs de la co-traitance pour les PME du BTP.
Le DUME remplace-t-il les DC1 et DC2 ?
Oui, valablement : l’acheteur est tenu d’accepter le DUME en lieu et place des formulaires DAJ. En pratique, beaucoup de règlements de consultation exigent encore DC1 et DC2 — le règlement fait foi.
Un sous-traitant doit-il figurer au DC1 ?
Non : le DC1 concerne les candidats et co-traitants. Un sous-traitant se déclare via le formulaire DC4, à l’offre ou en cours d’exécution — il peut toutefois être mobilisé au stade de la candidature pour justifier de capacités, avec son engagement écrit.

Sources et références

  1. Formulaires DC1 et DC2 et leurs notices explicatives (DAJ, economie.gouv.fr) — versions en vigueur.
  2. Code de la commande publique, art. R. 2143-3, R. 2143-4 et R. 2143-11 (candidature, DUME, renseignements exigibles) ; R. 2142-22, R. 2142-24 et R. 2142-25 (groupements, mandataire, appréciation globale des capacités) ; R. 2132-7 (transmission électronique).
  3. Arrêté du 22 mars 2019 fixant la liste des renseignements et documents pouvant être demandés aux candidats aux marchés publics.
  4. TA Toulouse, 23 octobre 2024, n° 2405943 — l’exigence de solidarité du mandataire au stade de la candidature est illégale.
À retenirTrois points à garder en tête
  1. 01Un DC1 pour la candidature, un DC2 par membre : le premier identifie et désigne le mandataire, le second prouve les capacités — et les deux millésimes en vigueur se téléchargent au moment de la réponse.
  2. 02Conjoint ou solidaire est un choix de responsabilité, pas une case administrative — et l’acheteur ne peut pas l’imposer au stade de la candidature.
  3. 03En groupement, les capacités s’apprécient globalement : la co-traitance est la porte d’entrée des PME vers des marchés au-dessus de leurs références individuelles.
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Le DC2 en extraction, pas en reconstitution

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Arthur Gueroult

Côté relation client chez WhySoft Group, Arthur est expert des logiciels WHY et de Zeendoc. Il connaît les questions des utilisateurs avant même qu'ils ne les posent — ses articles y répondent sans détour.