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TVA dans le BTP : 20, 10 ou 5,5 % — taux, mention et autoliquidation
Historique des mises à jour
v3.0 (22/08/2026) : refonte intégrale au gabarit v3.0 — pilier TVA du bâtiment : les trois taux et leurs conditions, l’arbre de décision, le remplacement de l’attestation par la mention sur devis/facture (LF 2025), l’autoliquidation en sous-traitance, l’exigibilité et les erreurs qui coûtent.
La TVA dans le BTP est le seul impôt que l’entreprise de travaux manipule à chaque devis : trois taux possibles — 20, 10 ou 5,5 % — selon la nature des travaux et du local, une mention à faire certifier par le client depuis la disparition de l’attestation papier, et un mécanisme d’autoliquidation dès qu’il y a sous-traitance. Chez WhySoft Group, éditeur français de logiciels de devis-facturation pour le bâtiment depuis 2004, nous voyons chaque semaine ce qu’un taux mal choisi coûte en redressement — et ce qu’un paramétrage propre évite. Ce guide pose les règles à jour, les conditions exactes de chaque taux, et les pièges classés par coût.
En 30 secondes
- Trois taux : 20 % par défaut (neuf, locaux professionnels), 10 % pour l’amélioration des logements achevés depuis plus de 2 ans, 5,5 % pour la rénovation énergétique.
- La grande nouveauté : l’attestation CERFA a disparu — depuis février 2025, une mention certifiée par le client sur le devis ou la facture suffit.
- Sous-traitance : le sous-traitant facture hors taxes avec la mention « Autoliquidation » ; c’est le donneur d’ordre qui déclare la TVA.
- Le principe protecteur : c’est le prestataire qui applique le taux — mais si l’inexactitude vient des informations du client, le complément de taxe incombe au client.
Sommaire du guide
1. Les trois taux de TVA dans le bâtiment
Le taux normal de 20 % s’applique par défaut — les taux réduits de 10 % et 5,5 % sont des exceptions réservées aux travaux sur des locaux d’habitation achevés depuis plus de deux ans, chacune avec ses conditions précises. C’est toujours au prestataire de justifier le taux réduit qu’il applique.
| Taux | Champ d’application | Conditions clés |
|---|---|---|
| 20 % (normal) | Construction neuve, locaux professionnels, logements de moins de 2 ans, travaux aboutissant à un immeuble neuf, fournitures seules | Aucune — c’est le taux par défaut quand aucune exception ne s’applique |
| 10 % (intermédiaire) | Travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien | Local à usage d’habitation achevé depuis plus de 2 ans · mention certifiée par le client · travaux et équipements facturés par l’entreprise (CGI, art. 279-0 bis) |
| 5,5 % (réduit) | Travaux de rénovation énergétique (isolation, équipements performants) et travaux induits indissociablement liés | Mêmes conditions de local > 2 ans + nature énergétique des travaux · les chaudières à énergies fossiles en sont exclues (CGI, art. 278-0 bis A) |
2. Quel taux pour quels travaux : l’arbre de décision
Trois questions suffisent à déterminer le taux : le local est-il à usage d’habitation ? Est-il achevé depuis plus de deux ans ? Les travaux relèvent-ils de la rénovation énergétique ? La réponse tombe mécaniquement.
Quelques repères concrets. À 10 % : refaire une salle de bains, remplacer une toiture à l’identique, ravaler une façade, changer des menuiseries standard, l’entretien courant. À 5,5 % : isolation des murs, combles et planchers, pompe à chaleur, chauffe-eau performant, ventilation — et les travaux induits indissociablement liés (reprise de plâtrerie après isolation par l’intérieur, par exemple). Retour à 20 % : tout ce qui aboutit à un immeuble neuf — surélévation, addition de construction, remise à neuf de la majorité du gros œuvre — même sur un bâtiment ancien.
3. La fin de l’attestation TVA : la mention sur devis ou facture
Depuis la loi de finances pour 2025, l’attestation CERFA a disparu : pour appliquer le taux de 10 % ou de 5,5 %, il suffit désormais que le client certifie sur le devis ou la facture que les conditions sont remplies — usage d’habitation, achèvement depuis plus de deux ans, et absence de production d’un immeuble neuf.
Concrètement, le devis ou la facture porte une mention par laquelle le client atteste ces conditions, datée et signée (ou validée lors de l’acceptation du devis en ligne). C’est une simplification réelle — plus de CERFA 1300-SD ou 1301-SD à faire remplir avant chaque chantier — mais la logique de responsabilité ne change pas : le document se conserve à l’appui de la comptabilité, et si les conditions certifiées s’avèrent inexactes du fait du client, c’est à lui qu’incombe le complément de taxe. Le détail de la réforme et sa chronologie sont dans notre article la fin du CERFA TVA pour les travaux de rénovation.
4. L’autoliquidation en sous-traitance : qui déclare quoi
Dès qu’une entreprise du BTP sous-traite des travaux à une autre, le sous-traitant facture hors taxes avec la mention « Autoliquidation », et c’est le donneur d’ordre qui déclare la TVA sur sa propre déclaration — et la déduit dans le même mouvement (CGI, art. 283, 2 nonies, depuis 2014).
Le mécanisme protège la trésorerie du sous-traitant (il n’avance jamais la TVA) et l’État contre la fraude. Il ne s’applique qu’entre assujettis, sur des travaux immobiliers réalisés en sous-traitance — jamais face à un client particulier. Les trois conditions cumulatives, les quatre exclusions, la mention exacte à porter et l’amende de 5 % en cas d’oubli sont détaillées dans notre guide dédié : l’autoliquidation de la TVA en sous-traitance BTP.
5. Quand la TVA est-elle due : encaissements, débits, acomptes
Les travaux immobiliers sont des prestations de services : la TVA y est exigible à l’encaissement — chaque acompte, chaque situation réglée, chaque solde encaissé déclenche la taxe correspondante. L’entreprise peut opter pour le paiement « d’après les débits » (à la facturation), avec la mention correspondante sur ses factures.
Option « sur les débits » : TVA due dès l’émission de la facture — mention « TVA acquittée sur les débits » obligatoire.
Conséquence trésorerie : sur les débits, l’entreprise avance la TVA de ses factures non encore encaissées.
Le choix n’est pas neutre pour une entreprise de travaux dont les délais d’encaissement s’étirent : rester à l’encaissement colle la TVA aux flux réels. Le lien entre facturation, encaissement et déclaration est détaillé dans notre article sur la déclaration de TVA — et la ventilation des taux commence dès le chiffrage, comme le montre notre guide du devis de chantier.
6. Les erreurs qui coûtent, classées par facture
En matière de TVA, l’erreur ne disparaît pas : elle attend le contrôle. Quatre situations reviennent constamment — et leur coût est chiffrable d’avance.
- Taux réduit sans mention certifiée : à défaut de justificatif, l’administration réclame le complément au taux normal — au prestataire. 10 points d’écart sur un chantier de 50 000 € HT, c’est 5 000 € à sortir des marges.
- Taux réduit sur des travaux qui n’y ont pas droit : surélévation ou remise à neuf traitées à 10 % — la requalification en immeuble neuf ramène tout à 20 %, intérêts de retard compris.
- Sous-traitance facturée avec TVA : la TVA facturée à tort par le sous-traitant n’est pas déductible chez le donneur d’ordre — double peine — et l’absence de la mention « Autoliquidation » expose à l’amende de 5 %.
- Devis multi-taux non ventilé : quand une opération mêle du 10 % et du 5,5 % (ou du 20 %), chaque nature de travaux doit être distinguée ligne à ligne — faute de ventilation justifiée, c’est le taux le plus élevé qui s’applique à l’ensemble.
Glossaire express
- Taux intermédiaire (10 %)
- Taux applicable aux travaux d’amélioration, transformation, aménagement et entretien des logements achevés depuis plus de 2 ans (CGI, art. 279-0 bis).
- Taux réduit (5,5 %)
- Taux applicable aux travaux de rénovation énergétique et aux travaux induits qui leur sont indissociablement liés (CGI, art. 278-0 bis A).
- Mention certifiée
- Attestation du client, portée sur le devis ou la facture depuis 2025, certifiant que les conditions du taux réduit sont remplies — elle remplace l’ancien CERFA.
- Autoliquidation
- Mécanisme par lequel le donneur d’ordre déclare la TVA à la place du sous-traitant, qui facture hors taxes.
- Travaux induits
- Travaux annexes indissociablement liés à une rénovation énergétique, bénéficiant du même taux de 5,5 %.
- TVA sur les débits
- Option rendant la TVA exigible à la facturation plutôt qu’à l’encaissement, avec mention obligatoire sur les factures.
Questions fréquentes
Quel taux de TVA pour des travaux de rénovation ?
Quelle TVA pour une maison neuve ?
L’attestation de TVA à 10 % est-elle encore obligatoire ?
Qui est responsable si le taux appliqué est erroné ?
Quand appliquer l’autoliquidation de la TVA ?
La TVA est-elle due sur les acomptes ?
Peut-on avoir plusieurs taux de TVA sur un même devis ?
Le client fournit ses matériaux : quel taux sur la pose ?
Sources de ce guide
- Code général des impôts, article 279-0 bis — taux de 10 % sur les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien des locaux d’habitation achevés depuis plus de deux ans.
- Code général des impôts, article 278-0 bis A — taux de 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique et travaux induits ; exclusion des chaudières à énergies fossiles.
- Code général des impôts, article 283, 2 nonies — autoliquidation de la TVA en sous-traitance de travaux immobiliers.
- Loi de finances pour 2025 (14 février 2025) — remplacement de l’attestation par une mention certifiée sur le devis ou la facture.
- BOFiP-Impôts — doctrine administrative TVA, taux réduits dans le bâtiment.
- 01Trois questions donnent le taux : habitation ? plus de 2 ans ? rénovation énergétique ? — 20, 10 ou 5,5 %, et le taux normal par défaut dans le doute.
- 02L’attestation CERFA a disparu : une mention certifiée par le client sur le devis ou la facture suffit — mais elle doit y être, systématiquement.
- 03En sous-traitance, on facture hors taxes avec la mention « Autoliquidation » — et un devis multi-taux se ventile ligne à ligne, sinon tout passe au taux le plus élevé.
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