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Mentions obligatoires d’un devis : le socle légal, et celles que tout le monde oublie

Par Marie Havet · Mis à jour le 19 août 2026 · 10 min de lecture

Devis BTP conforme avec toutes les mentions légales obligatoires
v3.0Mis à jour le 19 août 2026
Historique des mises à jour

v3.0 (19/08/2026) : refonte complète sur sources primaires — arrêté du 24 janvier 2017 lié (Légifrance), méthode de comptage explicite (10 mentions du socle + conditionnelles), ajout de la mention déchets (décret 2020-1817), du statut EI (décret 2022-725), de la mention remplaçant l’attestation TVA taux réduit, et de la jurisprudence Cass. 22 janvier 2025 sur le médiateur de la consommation. Cet article consolide désormais nos anciens contenus sur les mentions du devis.

Un devis n’est pas une politesse commerciale : c’est un document encadré, dont le contenu est fixé par un arrêté et par le Code de la consommation — et dont les oublis coûtent de vrais euros, jusqu’à l’annulation pure et simple du contrat. Le problème des listes qui circulent : elles mélangent le socle obligatoire pour tous et les mentions qui dépendent de votre situation. Chez WhySoft Group, nous générons des devis conformes pour des PME du BTP depuis 1992 : voici la liste vérifiée sur les textes, dans le prolongement de notre guide complet du chiffrage.

En 30 secondes

  • Le socle : l’arrêté du 24 janvier 2017 fixe 10 mentions pour tout devis de travaux — de la date de rédaction à la durée de validité de l’offre, en passant par le décompte détaillé quantité × prix unitaire.
  • Les conditionnelles : assurance décennale (avec assureur et zone), mention « EI », franchise de TVA ou mention taux réduit, gestion des déchets, médiateur de la consommation, rétractation hors établissement.
  • Le risque : jusqu’à 3 000 € d’amende administrative (15 000 € pour une société) — et la Cour de cassation a annulé en janvier 2025 un contrat conclu à domicile qui omettait le médiateur.
  • À retenir : un devis signé avec « bon pour accord » devient un contrat. Les mentions ne sont pas de la paperasse : elles délimitent ce que vous devez, et ce qu’on peut vous reprocher.
Quel que soit le montantle devis est dû en dépannage, réparation et entretien du bâtimentArrêté du 24/01/2017, art. 4
10 mentionsforment le socle fixé par l’arrêté pour le devis de travauxArrêté du 24/01/2017, art. 3 et 4
3 000 / 15 000 €amende administrative maximale, personne physique / moraleCode de la consommation
22 janv. 2025contrat hors établissement annulé faute de mention du médiateurCour de cassation

1. Devis obligatoire ou pas : ce que dit vraiment le droit

Le principe vient du Code de la consommation : avant tout contrat, le professionnel doit informer le consommateur des caractéristiques essentielles de la prestation, de son prix, du délai d’exécution et de son identité (article L111-1). Le devis est la façon naturelle de remplir cette obligation — et dans le bâtiment, il devient expressément obligatoire.

Pour les prestations de dépannage, réparation et entretien dans le bâtiment et l’équipement de la maison, l’article 4 de l’arrêté du 24 janvier 2017 impose la remise d’un devis détaillé quel que soit le montant estimé des travaux. La liste des activités couvertes est longue : maçonnerie, génie climatique — énergies renouvelables comprises —, isolation, menuiserie, serrurerie, couverture, étanchéité, plomberie, plâtrerie, peinture, vitrerie, revêtements de murs et de sols, électricité, canalisations… Autant dire : à peu près tout artisan intervenant chez un particulier.

Pour les autres travaux — construction neuve, chantiers sur commande — aucun texte général n’impose le devis à partir d’un seuil précis, contrairement à une légende tenace. Mais l’obligation d’information précontractuelle demeure, le client peut toujours l’exiger, et aucun professionnel sérieux ne démarre un chantier sans document signé : c’est le devis qui fixe le périmètre, le prix et le délai — donc votre protection autant que la sienne.

2. Le socle : les 10 mentions fixées par l’arrêté du 24 janvier 2017

L’arrêté du 24 janvier 2017 — qui a remplacé celui du 2 mars 1990 — liste les mentions du devis de travaux, en plus des informations générales du Code de la consommation. Les voici, telles que le texte les énonce.

  • La date de rédaction du devis — point de départ de sa validité.
  • Le nom et l’adresse de l’entreprise — complétés en pratique par vos identifiants légaux (section suivante).
  • Le nom du client.
  • Le lieu d’exécution de l’opération — l’adresse du chantier, pas celle de facturation.
  • La nature exacte des travaux ou réparations à effectuer — « remplacement du chauffe-eau électrique 200 L », jamais « travaux de plomberie ».
  • Le décompte détaillé de chaque prestation et produit : dénomination, prix unitaire, unité de référence (heure de main-d’œuvre, mètre linéaire, mètre carré) et quantité prévue.
  • Les frais de déplacement, le cas échéant.
  • La somme globale à payer HT et TTC, avec le ou les taux de TVA applicables.
  • La durée de validité de l’offre — passé ce délai, vos prix ne vous engagent plus ; par les temps qui courent sur les matériaux, ne la laissez jamais en blanc.
  • Le caractère payant ou gratuit du devis — et son coût s’il est payant, ce qui est parfaitement légal pour une étude qui demande un déplacement ou un relevé.
Bon à savoirLe délai d’exécution fait partie des informations précontractuelles dues au consommateur. S’il n’est pas indiqué, le Code de la consommation prévoit que le professionnel doit exécuter la prestation sans retard injustifié, au plus tard 30 jours après la conclusion du contrat — un délai rarement tenable sur un chantier. Écrivez toujours votre délai, avec sa date de démarrage.

3. Identité de l’entreprise, statut EI et assurance décennale

Au-delà de l’arrêté, le devis est un document commercial : il porte les identifiants légaux de l’entreprise — numéro SIREN, mention RCS ou registre des métiers avec la ville, forme juridique et capital pour les sociétés, numéro de TVA intracommunautaire dès que vous facturez la TVA.

Deux obligations plus récentes passent encore sous les radars :

  1. La mention « EI » pour les entrepreneurs individuelsDepuis le décret n° 2022-725 du 28 avril 2022, la dénomination de l’entrepreneur individuel doit être immédiatement précédée ou suivie de « EI » ou « entrepreneur individuel » sur tous les documents professionnels — devis compris. C’est ce qui matérialise la séparation de vos patrimoines personnel et professionnel.
  2. L’assurance décennale, avec assureur et zoneL’article 22-2 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 impose aux professionnels soumis à l’obligation d’assurance décennale de mentionner sur leurs devis et factures : l’assurance souscrite au titre de leur activité, les coordonnées de l’assureur, et la couverture géographique du contrat. Un devis de travaux de gros œuvre sans cette mention est non conforme — et c’est souvent la première chose qu’un maître d’œuvre vérifie.

4. TVA : les taux, la franchise, et la mention qui remplace l’attestation

La TVA sur le devis ne se résume pas à un taux en pied de page : le bâtiment jongle entre 20 %, 10 % (rénovation de logements achevés depuis plus de deux ans) et 5,5 % (rénovation énergétique) — parfois sur le même devis. Chaque ligne doit être rattachée à son taux, et les totaux présentés HT et TTC par taux.

Deux cas particuliers à connaître :

  • La franchise en base : si vous ne facturez pas la TVA, la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » est obligatoire — et aucun montant de TVA ne doit apparaître.
  • Les taux réduits : l’attestation séparée que le client devait signer a été remplacée, depuis 2022, par une mention certifiante portée directement sur le devis ou la facture — le client atteste que l’immeuble est achevé depuis plus de deux ans et affecté à l’habitation, et que les travaux remplissent les conditions du taux. Conservez le devis signé : c’est lui qui justifie le taux en cas de contrôle.

5. Déchets de chantier : les 4 informations que presque tout le monde oublie

Depuis le 1er juillet 2021, le décret n° 2020-1817 du 29 décembre 2020 impose aux devis de travaux de construction, rénovation, démolition et de jardinage de renseigner la gestion des déchets du chantier. Quatre informations sont attendues :

  1. L’estimation de la quantité totale de déchets générés pendant le chantier.
  2. Les modalités de gestion et d’enlèvement : tri sur chantier, béchage, évacuation — qui fait quoi.
  3. Le ou les points de collecte prévus : raison sociale et adresse des installations.
  4. L’estimation du coût associé à cette gestion.

Cette mention rejoint la logique de la filière REP bâtiment : la traçabilité des déchets devient un élément contractuel. C’est aussi, bien présentée, un argument commercial — le particulier qui compare deux devis retient celui qui lui dit où partiront ses gravats et combien ça coûte.

6. Face à un particulier : médiateur, rétractation, pièces remplacées

Trois obligations supplémentaires s’activent quand votre client est un consommateur — et la première vient de coûter très cher à un professionnel devant la Cour de cassation.

  1. Le médiateur de la consommationL’article R616-1 du Code de la consommation vous impose de communiquer les coordonnées du médiateur dont vous relevez et l’adresse de son site — sur vos CGV, vos devis ou votre site. Le 22 janvier 2025, la Cour de cassation a annulé un contrat conclu hors établissement qui omettait cette information : le professionnel a tout perdu, sans que le client ait à démontrer un préjudice.
  2. La rétractation de 14 jours hors établissementDevis signé au domicile du client, sur le chantier, sur un salon : le consommateur dispose de 14 jours pour se rétracter (article L221-18) et le formulaire type de rétractation doit être joint. Démarrer les travaux pendant ce délai sans demande expresse écrite du client, c’est s’exposer à travailler gratuitement.
  3. Les pièces remplacéesEn dépannage et réparation, l’arrêté de 2017 impose d’informer le client qu’il peut conserver les pièces, éléments ou appareils remplacés — selon le modèle type annexé à l’arrêté (cases à cocher oui/non). Simple, et systématiquement contrôlé par la DGCCRF sur ce secteur.
L’erreur classiqueConsidérer ces mentions comme du « juridique pour les gros ». C’est l’inverse : la rétractation, le médiateur et les pièces remplacées visent précisément l’artisan qui signe chez le particulier. Et c’est là que les contrôles — et les annulations — tombent.

7. Sanctions, nullité — et le devis signé qui devient contrat

Le manquement aux obligations d’information précontractuelle expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale — prononcée par la DGCCRF, sans passer par un juge. S’y ajoutent la nullité possible du contrat hors établissement (jurisprudence de janvier 2025) et, en cas de litige, la fragilité d’un devis flou qui se retourne contre son rédacteur.

Car c’est l’autre face du sujet : dès que le client signe avec la mention « bon pour accord » ou « bon pour travaux », le devis devient un contrat qui engage les deux parties — sur le prix, le périmètre et le délai. Toute modification ultérieure passe par un avenant au devis signé, jamais par un arrangement oral. Des mentions complètes ne sont donc pas une contrainte : elles délimitent exactement ce que vous devez — et protègent votre marge contre le « vous aviez dit que ».

Ce que nous en pensonsAucun dirigeant ne devrait vérifier ces mentions devis par devis : c’est un travail de gabarit, pas de mémoire. Dans nos logiciels, les mentions légales se paramètrent une fois — identifiants, décennale avec assureur et zone, statut EI — puis chaque devis les porte automatiquement ; la TVA se gère taux par taux, ligne par ligne, avec la mention certifiante des taux réduits ; et les CGV, pages d’introduction et annexes descriptives se joignent au document — un devis conforme qui reste un devis vendeur. C’est exactement ce que fait un logiciel de devis et facturation bâtiment bien paramétré : la conformité par défaut, pas par vigilance.

Questions fréquentes

Quelles sont les mentions obligatoires d’un devis de travaux ?
Le socle de l’arrêté du 24 janvier 2017 : date de rédaction, nom et adresse de l’entreprise, nom du client, lieu d’exécution, nature exacte des travaux, décompte détaillé quantité × prix unitaire par prestation, frais de déplacement éventuels, totaux HT et TTC avec taux de TVA, durée de validité de l’offre, caractère payant ou gratuit du devis. S’y ajoutent selon votre situation : identifiants légaux, mention EI, assurance décennale, franchise ou mention TVA taux réduit, gestion des déchets, médiateur, rétractation.
Un devis est-il obligatoire pour tous les travaux ?
Il est expressément obligatoire, quel que soit le montant, pour les prestations de dépannage, réparation et entretien du bâtiment et de l’équipement de la maison (art. 4 de l’arrêté du 24 janvier 2017). Pour les autres travaux, l’information précontractuelle reste due et le devis est l’usage constant — aucun seuil légal général de 150 € n’existe dans les textes en vigueur.
La mention de l’assurance décennale est-elle obligatoire sur le devis ?
Oui, pour les professionnels soumis à l’obligation d’assurance décennale : le devis et la facture doivent mentionner l’assurance souscrite, les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique du contrat (art. 22-2 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996).
Que risque un devis incomplet ?
Une amende administrative jusqu’à 3 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale), et, pour un contrat conclu hors établissement, l’annulation pure et simple — la Cour de cassation l’a prononcée le 22 janvier 2025 pour la seule omission du médiateur de la consommation.
Combien de temps un devis est-il valable ?
La durée que vous y écrivez — c’est une mention obligatoire. Pendant cette période, vos prix vous engagent ; au-delà, l’offre est caduque. Avec des prix de matériaux mouvants, 1 à 3 mois est l’usage courant du secteur.
Faut-il mentionner la gestion des déchets sur un devis ?
Oui, depuis le 1er juillet 2021 pour les travaux de construction, rénovation, démolition et jardinage : estimation de la quantité de déchets, modalités de gestion et d’enlèvement, point(s) de collecte avec raison sociale et adresse, et estimation du coût (décret n° 2020-1817).
Un devis signé engage-t-il le client ?
Oui : signé avec « bon pour accord », le devis devient un contrat qui engage les deux parties sur le prix, le périmètre et le délai. Hors établissement, le consommateur conserve toutefois son droit de rétractation de 14 jours.

Sources officielles

  1. Arrêté du 24 janvier 2017 (Légifrance) — publicité des prix des prestations de dépannage, réparation et entretien dans le bâtiment.
  2. Article 4 de l’arrêté du 24 janvier 2017 — mentions du devis et information sur les pièces remplacées.
  3. DGCCRF — fiche pratique « Devis » — cadre général et textes applicables.
  4. Institut national de la consommation — « Les devis » — obligation de devis par secteur, médiateur de la consommation.
  5. Code de la consommation, articles L111-1 (information précontractuelle), R616-1 (médiateur), L221-18 (rétractation) · article 22-2 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 (assurance sur devis et factures) · décret n° 2020-1817 du 29 décembre 2020 (déchets) · décret n° 2022-725 du 28 avril 2022 (mention EI) · Cour de cassation, 22 janvier 2025.
À retenirTrois points à garder en tête
  1. 01Dix mentions forment le socle de l’arrêté du 24 janvier 2017 — et en dépannage-réparation-entretien, le devis est dû quel que soit le montant.
  2. 02Les mentions conditionnelles font les vrais oublis : décennale avec assureur et zone, mention EI, déchets de chantier, médiateur — dont l’omission a déjà annulé un contrat en 2025.
  3. 03Un devis signé est un contrat : des mentions complètes protègent votre marge autant que le client — et c’est un travail de gabarit, pas de vigilance.
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Un modèle de devis qui porte déjà toutes ces mentions

Plutôt que de reconstituer cette liste à la main, partez d’un fichier qui l’intègre : notre classeur de devis BTP place chaque mention au bon endroit du document, avec une check-list à cocher avant l’envoi — et une minute de chiffrage qui compose le devis à votre place. Conçu pour les devis entre professionnels (les mentions propres aux particuliers ne s’y trouvent pas). Téléchargement direct, sans inscription.

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Marie HAVET

Chez WhySoft Group depuis 2004, Marie est la référente facturation électronique de l'équipe : Pennylane, Zeendoc et toute la gamme WHY n'ont pas de secret pour elle. Formée aux mathématiques, elle aime les processus carrés… expliqués simplement.