Résumer ce guide avec :ChatGPTPerplexityClaudeGemini

AccueilBlog › GED

Durée de conservation des documents : le tableau complet pour l’entreprise

Par Marie Havet · Publié le 24 août 2026 · 9 min de lecture

Durée de conservation des documents d'entreprise : tableau des délais légaux par famille
v1.0Publié le 24 août 2026 · Sources : Code de commerce, LPF, entreprendre.service-public.fr

Dix ans ? Six ans ? Cinq ans ? Toute entreprise doit conserver les documents qu’elle émet et reçoit pendant des durées minimales fixées par la loi — et ces durées varient d’un an à trente ans selon la nature du document. Cette page rassemble les délais applicables, leur point de départ et leur fondement légal, familles par familles, à partir des sources officielles. Avec la règle d’or qui évite tous les débats : en cas de doute, on retient la durée la plus longue.

En 30 secondes

  • Quatre blocs à mémoriser : comptable 10 ans (livres et pièces justificatives, dont les factures) · fiscal 6 ans (porté à 10 ans pour les délais expirant après le 1er janvier 2027) · civil et commercial 5 ans · social 3 à 5 ans selon le document.
  • Une même pièce peut relever de plusieurs blocs : une facture est à la fois comptable (10 ans) et fiscale — on applique toujours la durée la plus longue.
  • Le point de départ compte autant que la durée : clôture de l’exercice pour la comptabilité, dernière opération pour le fiscal, fin du contrat ou départ du salarié pour le social.
  • ⚡ Ne pas conserver coûte cher : jusqu’à 10 000 € d’amende côté fiscal (art. 1734 CGI), et surtout l’impossibilité de se défendre en cas de contrôle ou de litige.

1. Les deux règles qui simplifient tout

Règle n° 1 : la durée légale est un minimum, jamais un maximum — l’entreprise peut conserver plus longtemps, à une exception près : les documents contenant des données personnelles, que le RGPD interdit de garder au-delà du nécessaire. Règle n° 2 : quand une pièce relève de plusieurs textes, on retient la durée la plus longue.

La seconde règle règle 90 % des débats. L’exemple classique est la facture : pièce justificative comptable, elle se conserve 10 ans (article L123-22 du Code de commerce) ; document fiscal, elle relève aussi de l’article L102 B du Livre des procédures fiscales. Verdict : 10 ans, la plus longue des deux. Même logique pour un contrat de travail, à la fois social et civil. Pendant tous ces délais, l’administration — fisc, URSSAF, inspection du travail — peut exercer son droit de contrôle : le document absent au moment du contrôle, c’est la preuve qui manque au moment où elle vaut le plus cher.

2. Documents comptables : 10 ans, le socle

Tous les documents comptables se conservent 10 ans à compter de la clôture de l’exercice (article L123-22 du Code de commerce) — c’est le bloc le plus long et le plus simple, car il n’a pas d’exception.

Document Durée Point de départ
Livre journal, grand livre, livre d’inventaire 10 ans Clôture de l’exercice
Factures clients et fournisseurs 10 ans Clôture de l’exercice
Bons de commande, bons de livraison et de réception 10 ans Clôture de l’exercice
Comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) 10 ans Clôture de l’exercice

Dans le BTP, ce bloc emporte aussi les situations de travaux et décomptes : ce sont des pièces justificatives comme les autres. Et rappelons que la facture doit d’abord être conforme pour être conservée utilement — les mentions obligatoires sont le préalable.

3. Documents fiscaux : 6 ans — et bientôt 10

Les livres, registres et pièces sur lesquels s’exercent les droits de contrôle de l’administration fiscale se conservent 6 ans (article L102 B du LPF), à compter de la dernière opération mentionnée ou de la date d’établissement du document. Ce délai est porté à 10 ans pour les documents dont le délai de conservation expire après le 1er janvier 2027 — autant dire que le réflexe à prendre dès maintenant est « fiscal = 10 ans ».

Document Durée À savoir
Déclarations de résultats (IS, BIC, BNC, BA) 6 ans → 10 ans 10 ans dès que le délai expire après le 01/01/2027
Déclarations et justificatifs de TVA 6 ans → 10 ans Y compris la piste d’audit des factures
CFE, CVAE, impôts locaux 6 ans → 10 ans À compter de l’établissement
Tout document en cas d’activité occulte 10 ans Fraude, travail dissimulé, absence de déclaration
La sanction qui fait réfléchirL’article 1734 du Code général des impôts prévoit une amende de 10 000 € en cas d’absence de tenue ou de destruction des documents demandés par l’administration dans l’exercice de son droit de communication — avant l’expiration du délai. Et l’amende est le petit risque : le grand, c’est le redressement qu’on ne peut plus contester faute de pièces.

4. Civil et commercial : 5 ans, et les exceptions qui comptent

Les contrats commerciaux, la correspondance commerciale et les documents bancaires se conservent 5 ans (article L110-4 du Code de commerce) — mais cette famille est celle qui compte le plus d’exceptions, vers le haut comme vers le bas.

Document Durée Point de départ
Contrats commerciaux, correspondance client / fournisseur 5 ans Fin de la relation ou du contrat
Documents bancaires (relevés, talons de chèque) 5 ans Date du document
Contrat électronique avec un consommateur ≥ 120 € 10 ans Livraison ou fin de prestation
Acquisition ou cession de biens immobiliers et fonciers 30 ans Date de l’acte
Déclarations en douane 3 ans Date de la déclaration
Polices d’assurance 2 ans Résiliation du contrat
Garanties des biens et services fournis aux consommateurs 2 ans Fin de la garantie

Pour le BTP, la ligne « 30 ans » n’est pas exotique : elle rejoint l’horizon de la responsabilité décennale et des dossiers d’ouvrages — le DOE et les pièces de chantier gagnent à être archivés sur la durée longue, bien au-delà des minima commerciaux.

5. Social et RH : le bloc aux trois vitesses

Le social se conserve entre 1 et 5 ans selon le document — c’est la famille où l’on se trompe le plus, parce que les points de départ diffèrent : date du document pour la paie, départ du salarié pour le contrat.

Document Durée Point de départ
Bulletins de paie (double employeur) 5 ans Date d’émission
Contrat de travail, registre unique du personnel, solde de tout compte 5 ans Départ du salarié
Charges sociales, taxe sur les salaires 3 ans Date d’exigibilité
Comptabilisation des horaires, heures d’astreinte et compensations 1 an Date du relevé
Bulletin de paie électronique — disponibilité pour le salarié 50 ans ou retraite + 6 ans Émission (obligation de l’émetteur du coffre)

La dernière ligne surprend toujours : quand l’entreprise remet le bulletin sous forme électronique, elle doit en garantir la disponibilité au salarié pendant 50 ans ou jusqu’à ses droits à retraite plus six ans — une obligation qui repose en pratique sur le coffre-fort numérique et son opérateur, pas sur un dossier partagé.

6. Papier ou numérique : ce qui vaut preuve

Le numérique a la même valeur que le papier — à condition de garantir l’intégrité, la lisibilité et la sécurité du document pendant toute la durée de conservation. Depuis l’arrêté du 22 mars 2017, une facture papier peut même être numérisée dès réception et conservée uniquement sous forme dématérialisée, si la copie est fidèle et durable.

C’est ici que la conservation cesse d’être un sujet juridique pour devenir un sujet d’organisation. Garder dix ans, ce n’est pas empiler : c’est retrouver en quelques secondes la pièce que demande le contrôleur ou l’avocat. Trois briques y pourvoient : un plan de classement qui range chaque document au même endroit quelle que soit la personne qui classe, une GED qui indexe et trace, et un archivage électronique qui fige les documents engageants. Et le meilleur archivage reste celui qu’on ne fait pas à la main : quand devis, commandes, situations et factures naissent dans le logiciel de gestion, ils naissent classés — rattachés à l’affaire, datés, retrouvables. Un point qui devient critique avec la facturation électronique : les factures structurées reçues dès septembre 2026 sont nativement des documents numériques à conserver tels quels.

Ce que nous en pensonsLa durée de conservation n’est pas une contrainte d’archiviste : c’est la profondeur de votre mémoire de gestion. Depuis 2004, nous voyons chez nos 650 clients ce que dix ans de documents bien rattachés à leurs affaires permettent : défendre un décompte contesté, retrouver le prix réellement payé, prouver la livraison. Notre conviction : la conservation ne doit rien coûter en effort quotidien — elle doit être le sous-produit naturel d’une gestion où chaque document naît classé, et où vos données restent les vôtres, en France.
Et si vos documents naissaient classés ?

Trente minutes en visio : votre circuit réel — du devis à la facture archivée — et ce qu’une gestion intégrée change à la conservation.

Demander ma démo →

Questions fréquentes

Combien de temps une entreprise doit-elle conserver ses factures ?
10 ans à compter de la clôture de l’exercice : la facture est une pièce justificative comptable au sens de l’article L123-22 du Code de commerce. Elle relève aussi du délai fiscal (6 ans, porté à 10 ans pour les délais expirant après le 1er janvier 2027) — on retient la durée la plus longue : 10 ans.
Quelle est la durée de conservation des documents fiscaux ?
6 ans à compter de la dernière opération ou de l’établissement du document (article L102 B du Livre des procédures fiscales), porté à 10 ans pour les documents dont le délai de conservation expire après le 1er janvier 2027 — et 10 ans dans tous les cas en présence d’activité occulte.
Combien de temps garder les bulletins de paie côté employeur ?
Le double employeur des bulletins de paie se conserve 5 ans. En cas de bulletin remis sous forme électronique, l’émetteur doit en garantir la disponibilité au salarié pendant 50 ans ou jusqu’à ses droits à retraite plus six ans — c’est le rôle du coffre-fort numérique.
Peut-on jeter le papier après numérisation ?
Pour les factures, oui : depuis l’arrêté du 22 mars 2017, une facture papier numérisée dès réception en copie fidèle et durable peut être conservée uniquement sous forme électronique. Pour les autres documents, la copie fiable a valeur de preuve, mais les originaux d’actes engageants (contrats signés, actes authentiques) méritent la prudence : conservez l’original quand il existe.
Que risque une entreprise qui ne conserve pas ses documents ?
Côté fiscal, une amende de 10 000 € (article 1734 du CGI) en cas d’absence ou de destruction de documents demandés par l’administration. Côté pratique, le risque le plus coûteux est ailleurs : sans pièce, pas de preuve — face à un redressement, un litige client ou un contentieux prud’homal.
Existe-t-il un outil officiel pour vérifier une durée ?
Oui : le simulateur d’entreprendre.service-public.fr indique la durée minimale de conservation d’un document professionnel à partir de son nom. Les durées de cette page en sont issues, complétées par les textes (Code de commerce, LPF, CGI).
À retenirTrois points à garder en tête
  1. 01Quatre blocs : comptable 10 ans · fiscal 6 → 10 ans · commercial 5 ans · social 3 à 5 ans.
  2. 02Une pièce, plusieurs textes : on applique toujours la durée la plus longue.
  3. 03Conserver = retrouver : plan de classement + GED + archivage, et des documents qui naissent classés dans la gestion.
Partager ce guideLinkedInWhatsAppEnvoyer à un collègueLien copié

×

Demander une démonstration

30 minutes en visio, avec un spécialiste de votre métier. Sans engagement.

Vos coordonnées servent uniquement à traiter votre demande de démonstration. Aucun partage à des tiers, désinscription possible à tout moment.

C’est noté, merci.Votre demande est enregistrée. Un spécialiste de votre métier vous rappelle sous 24 heures ouvrées pour convenir du créneau de démonstration.
L’envoi n’a pas abouti. Vous pouvez réessayer, ou nous joindre directement au 03 20 54 89 42.



Marie HAVET

Chez WhySoft Group depuis 2004, Marie est la référente facturation électronique de l'équipe : Pennylane, Zeendoc et toute la gamme WHY n'ont pas de secret pour elle. Formée aux mathématiques, elle aime les processus carrés… expliqués simplement.