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Bon de livraison : mentions, valeur juridique et bon usage
Historique des mises à jour
v3.0 (22/08/2026) : refonte intégrale au gabarit v3.0 — pilier du document de livraison : mentions complètes, circuit BC/BL/facture, valeur probante et réserves (délai transporteur), différence avec la lettre de voiture, côté réception et BL dématérialisé.
Le bon de livraison (BL) est le document le plus banal de la vie d’une entreprise — et l’un des plus décisifs en cas de litige : c’est lui qui prouve que la marchandise a été livrée, en quelle quantité, dans quel état, et qui l’a acceptée. Chez WhySoft Group, éditeur français de logiciels de gestion pour les PME du BTP, de l’industrie et du négoce depuis 2004, nous voyons passer des milliers de BL par jour dans les flux de nos clients. Ce guide couvre les deux côtés du document : celui qui l’émet — mentions, signature, valeur probante — et celui qui le reçoit — contrôle, réserves, rapprochement avec la commande et la facture.
En 30 secondes
- Quoi : le BL accompagne la marchandise et atteste la délivrance : quoi, combien, quand, à qui — signé par le réceptionnaire, il devient une preuve.
- Obligatoire ? Aucun texte ne l’impose entre professionnels — mais sans lui, prouver la livraison en cas d’impayé ou de contestation devient très difficile.
- Le réflexe réception : contrôler avant de signer, formuler des réserves précises — et face à un transporteur, confirmer par écrit sous 3 jours (C. com., L133-3).
- Le circuit : bon de commande → BL → facture. Le rapprochement des trois est ce qui évite de payer ce qui n’a jamais été livré.
Sommaire du guide
1. Le bon de livraison, c’est quoi exactement ?
Le bon de livraison (ou bordereau de livraison) est le document qui accompagne physiquement la marchandise et décrit ce qui est livré : désignations, quantités, date, lieu, expéditeur et destinataire. Signé par celui qui réceptionne, il atteste que le vendeur a rempli son obligation de délivrance (Code civil, article 1604) — c’est sa fonction première.
Aucun texte n’impose le BL entre professionnels : c’est un document d’usage, pas une obligation légale comme la facture. Mais l’usage est devenu quasi universel pour une raison simple — sans BL signé, le fournisseur qui réclame le paiement d’une marchandise contestée n’a rien à montrer, et le client qui affirme une livraison incomplète n’a rien non plus. Le BL protège les deux côtés du quai.
2. Les mentions d’un bon de livraison complet
La loi ne fixe pas de liste de mentions pour le BL — c’est sa force probante qui dicte son contenu : tout ce qui permet, des années plus tard, d’établir sans ambiguïté qui a livré quoi, à qui, quand, et dans quel état.
- Numéro du BL et référence du bon de commande ou du devis — c’est ce qui permet le rapprochement.
- Identité des deux parties : raison sociale, adresse, SIREN de l’émetteur ; nom et adresse de livraison du destinataire.
- Date et lieu de livraison — le chantier précis, pas seulement le siège du client.
- Désignation précise des articles : références, libellés, quantités livrées — et le reliquat si la livraison est partielle.
- État apparent et emballages : nombre de colis ou palettes, mention d’un éventuel dommage visible.
- Zone de réserves — un espace prévu pour écrire, pas une case à cocher.
- Signatures : livreur et réceptionnaire, avec nom lisible et qualité — la signature d’un inconnu illisible protège mal.
Les prix sont facultatifs sur un BL — beaucoup d’entreprises les omettent volontairement quand le document passe entre les mains du personnel de chantier ou d’entrepôt.
3. Bon de commande, BL, facture : qui fait quoi
Les trois documents racontent la même opération à trois moments : le bon de commande engage, le bon de livraison atteste, la facture réclame. Le rapprochement des trois — ligne à ligne — est le contrôle de gestion le plus rentable qui existe.
| Document | Moment | Ce qu’il prouve |
|---|---|---|
| Bon de commande (BC) | Avant : l’accord | Ce qui a été commandé, à quel prix, pour quelle date — l’engagement réciproque |
| Bon de livraison (BL) | Pendant : la remise | Ce qui a été effectivement livré et accepté, quand, où et par qui |
| Facture | Après : le paiement | Ce qui est dû — elle ne devrait jamais réclamer plus que ce que les BL attestent |
La comparaison détaillée des deux documents amont — rôles, mentions, pièges — fait l’objet d’un article dédié : bon de livraison vs bon de commande.
4. Valeur juridique : signature, réserves, conservation
La signature du réceptionnaire fait basculer le BL du statut de papier d’accompagnement à celui de preuve : elle atteste la remise de la marchandise et son état apparent conforme — sauf réserves écrites. C’est pourquoi la réception ne se signe jamais à l’aveugle.
Les réserves doivent être précises et motivées : « 2 colis sur 12 manquants », « palette n° 3 film déchiré, sacs éventrés » — jamais « sous réserve de déballage », formule que les tribunaux écartent comme trop générale. Et quand la marchandise arrive par un transporteur tiers, le Code de commerce ajoute une contrainte de délai : à défaut de réserves à la livraison, le destinataire dispose de trois jours, non compris les jours fériés, pour notifier au transporteur sa protestation motivée, par écrit (article L133-3) — passé ce délai, l’action contre le transporteur pour avarie ou perte partielle est éteinte.
Côté conservation : dès lors que le BL justifie une écriture comptable — il accompagne la facture qu’il fonde — il se conserve comme les autres pièces justificatives : dix ans (Code de commerce, article L123-22). Le classement qui fonctionne est celui qui rattache chaque BL à sa commande et à sa facture, pas le carton chronologique.
5. Côté réception : contrôler ce qui entre
Le BL de votre fournisseur est votre outil de contrôle : rapproché de votre bon de commande à la réception, puis de la facture à son arrivée, il garantit qu’on ne paie que ce qui a été commandé et livré.
- Compter avant de signerColis, palettes, quantités par référence — contre le BL du fournisseur, pas de mémoire.
- Comparer au bon de commandeRéférences et quantités commandées : un écart non signalé à la réception devient presque impossible à faire valoir ensuite.
- Écrire les réserves, précisesSur le BL (et celui du livreur), avec photos à l’appui — et confirmation écrite au transporteur sous 3 jours si besoin.
- Enregistrer l’entrée en stockLa réception validée met à jour le stock et le reçu de la commande — c’est le maillon décrit dans notre guide de la gestion des stocks.
- Bloquer la facture en écartÀ l’arrivée de la facture, le rapprochement BC/BL/facture laisse passer ce qui concorde — et retient ce qui ne concorde pas, avant paiement.
6. Le BL dématérialisé : du carnet à souches au smartphone
Un BL dématérialisé a la même valeur qu’un BL papier — ce qui compte est l’intégrité du document et l’identification du signataire. Et il change la vie opérationnelle : émis depuis la commande sans ressaisie, signé sur l’écran à la livraison, photo des réserves jointe, archivé et rattaché à l’affaire à la seconde.
C’est aussi le chaînon qui prépare la facture : dans un flux bien construit, la facture naît des BL validés — quantités livrées, reliquats, livraisons partielles — sans double saisie. Le BL n’entre pas dans le périmètre de la facture électronique obligatoire, mais il en est le meilleur carburant : une facture née de BL propres est une facture que le client ne conteste pas, comme le détaille notre guide de la facturation électronique dans le BTP.
Glossaire express
- Bon de livraison (BL)
- Document accompagnant la marchandise, attestant la délivrance : désignations, quantités, date, lieu, signatures.
- Bon de commande (BC)
- Document qui formalise l’engagement d’achat : ce qui est commandé, à quel prix, pour quelle date.
- Bon de réception
- Document interne du destinataire constatant ce qui est effectivement entré, après contrôle — le miroir du BL.
- Lettre de voiture
- Document du contrat de transport routier, obligatoire dès qu’un transporteur tiers intervient — distinct du BL.
- Réserves
- Mentions écrites, précises et motivées, portées à la réception pour constater manquants ou avaries.
- Rapprochement
- Contrôle ligne à ligne de la concordance bon de commande / BL / facture avant paiement.
Questions fréquentes
Le bon de livraison est-il obligatoire ?
Quelle est la valeur juridique d’un bon de livraison signé ?
Qui doit signer le bon de livraison ?
Comment formuler des réserves à la livraison ?
Quelle différence entre bon de livraison et facture ?
Quelle différence entre bon de livraison et lettre de voiture ?
Combien de temps conserver les bons de livraison ?
Un bon de livraison signé sur smartphone est-il valable ?
Sources de ce guide
- Code civil, article 1604 — obligation de délivrance du vendeur.
- Code de commerce, article L133-3 — protestation motivée auprès du transporteur dans les trois jours, non compris les jours fériés.
- Code de commerce, article L123-22 — conservation des documents comptables et pièces justificatives pendant dix ans.
- 01Le BL n’est pas obligatoire — mais c’est la seule preuve solide de la livraison : numéroté, référencé à la commande, signé nom et qualité.
- 02On ne signe jamais à l’aveugle : compter, contrôler, écrire des réserves précises — et confirmer au transporteur sous 3 jours.
- 03La règle d’or de la trésorerie : ne payer que ce que le rapprochement commande / BL / facture raconte à l’identique.
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