Résumer cet article avec :ChatGPTPerplexityClaudeGemini

AccueilBlogIndices & repères

Diagnostic PEMD : qui doit le faire, quand, et ce qu’il change pour vos devis

Par Arthur Gueroult · Mis à jour le 25 août 2026 · 9 min de lecture

v1.0Mis à jour le 25 août 2026
Historique des mises à jour

v1.0 (25/08/2026) : création de la page. Intègre le cadre en vigueur — loi AGEC, décrets du 25 juin 2021, arrêté du 26 mars 2023 rendant les CERFA obligatoires — ainsi que les modalités de transmission sur la plateforme PEMD du CSTB.

Un chantier de démolition qui démarre sans son diagnostic PEMD, c’est un chantier dont personne ne connaît le coût d’évacuation — ni le maître d’ouvrage qui le paiera, ni l’entreprise qui l’a chiffré à l’aveugle. Chez WhySoft Group, nous outillons la gestion des PME du bâtiment depuis 2004 : voici qui doit ce diagnostic, à quel moment précis, ce que le récolement exige ensuite, et surtout ce que tout cela change côté devis. Cette page fait partie de nos indices et repères du BTP, tenus à jour à chaque évolution officielle.

En 30 secondes

  • Quoi : un inventaire, avant travaux, des produits, équipements, matériaux et déchets d’une opération de démolition ou de rénovation significative, avec leur potentiel de réemploi. Il a remplacé l’ancien diagnostic déchets le 1er juillet 2023.
  • Qui : le maître d’ouvrage en est responsable — pas l’entreprise de travaux, qui en subit néanmoins toutes les conséquences pratiques.
  • Quand : avant la demande d’autorisation d’urbanisme si elle existe, sinon avant l’acceptation des devis ou la passation des marchés.
  • Après : un formulaire de récolement doit être transmis au CSTB dans les 90 jours suivant la fin des travaux. C’est l’étape la plus souvent oubliée.
1 000 m²seuil de surface cumulée de plancher déclenchant l’obligationArticle R. 126-8 du CCH
90 joursdélai de transmission du récolement après l’achèvement des travauxArticle R. 126-14-1 du CCH
45 000 €amende encourue par le maître d’ouvrage en cas de manquementArticle L. 183-4 du CCH
2 CERFAn° 16287 pour le diagnostic, n° 16288 pour le récolementArrêté du 26 mars 2023

1. Ce qu’est le diagnostic PEMD

Le diagnostic PEMD — pour produits, équipements, matériaux et déchets — est un état des lieux réalisé avant une opération de démolition ou de rénovation significative. Il identifie, quantifie et localise tout ce que le bâtiment contient, évalue ce qui peut être réemployé, et oriente le reste vers les filières de valorisation. Il découle de l’article 51 de la loi AGEC du 10 février 2020 et remplace l’ancien diagnostic déchets depuis le 1er juillet 2023.

L’esprit du texte tient en un renversement de priorité. L’ancien diagnostic déchets partait du principe que ce qui sort d’un chantier est un déchet à évacuer au meilleur prix. Le PEMD part de l’idée inverse : une partie de ce qui sort est encore un produit, un équipement ou un matériau — donc une ressource. D’où l’ordre des lettres du sigle, qui n’est pas anodin : les déchets viennent en dernier, après ce qui peut être réemployé.

Le cadre réglementaire repose sur les décrets n° 2021-821 et n° 2021-822 du 25 juin 2021, codifiés aux articles R. 126-8 et suivants du code de la construction et de l’habitation, complétés par l’arrêté du 26 mars 2023 qui a rendu l’usage des formulaires CERFA obligatoire et uniformisé les pratiques.

2. Qui est concerné : les deux seuils

Deux critères alternatifs déclenchent l’obligation — il suffit que l’un des deux soit rempli. Le premier est une affaire de surface, le second d’histoire du bâtiment. Ce second critère surprend souvent, car il n’a aucun rapport avec la taille de l’opération.

Critère Ce qu’il recouvre
La surface Opérations dont la surface cumulée de plancher de l’ensemble des bâtiments concernés dépasse 1 000 m². C’est le cumul qui compte, pas la surface de chaque bâtiment pris isolément.
L’usage passé Opérations concernant au moins un bâtiment ayant accueilli une activité agricole, industrielle ou commerciale et ayant été le siège d’une utilisation, d’un stockage, d’une fabrication ou d’une distribution de substances classées dangereuses au sens de l’article R. 4411-6 du code du travail. Sans condition de surface.
Bon à savoirLe second critère attrape des opérations qu’on n’imagine pas : un ancien garage, un atelier de mécanique, une exploitation agricole, une pressing, un petit local commercial ayant stocké des produits classés. Une rénovation de 300 m² dans un ancien atelier peut relever du PEMD quand une démolition de 900 m² de logements n’en relève pas. Le réflexe utile, avant de chiffrer : demander au maître d’ouvrage ce que le bâtiment a abrité, pas seulement sa surface.

3. Qui le fait réaliser, et à quel moment exactement

L’obligation pèse sur le maître d’ouvrage, qui la confie à un professionnel disposant des compétences requises, indépendant de l’entreprise qui réalisera les travaux et couvert par une assurance. L’entreprise de travaux n’a pas à commander ce diagnostic — mais elle a tout intérêt à vérifier qu’il existe.

Le moment est précisément défini, et c’est là que se joue l’intérêt pratique du dispositif :

  1. Avant la demande d’autorisation d’urbanismeLorsque l’opération y est soumise — permis de démolir, permis de construire, ou autorisation de travaux pour un établissement recevant du public.
  2. À défaut, avant l’acceptation des devisOu avant la passation des marchés de travaux. C’est le point clé : le diagnostic est censé être connu avant que les entreprises ne remettent leur prix, afin qu’elles puissent en tenir compte — dépose soignée, tri sur chantier, filières de destination.
  3. Transmission au CSTBLe maître d’ouvrage transmet le formulaire au Centre scientifique et technique du bâtiment, via la plateforme PEMD, avant de le communiquer aux entreprises.

Autrement dit, un diagnostic PEMD qui arriverait après la signature des marchés aurait manqué l’essentiel de sa fonction. C’est pourtant une situation courante : le document est produit pour être conforme, pas pour être exploité par ceux qui chiffrent.

4. Ce que le diagnostic contient

L’article R. 126-11 du CCH fixe le contenu attendu : une estimation de la nature, de la quantité et de la localisation, dans l’emprise de l’opération, de tout ce qui va en sortir. Le formulaire CERFA n° 16287 en structure la restitution.

Trois familles y figurent : les matériaux, produits de construction et équipements constitutifs du bâtiment, avec leur fonction ; les déchets potentiellement générés par ces éléments, avec leur classification au sens de l’article R. 541-7 du code de l’environnement ; et les déchets résiduels issus de l’usage et de l’occupation des lieux — ce qui reste dans les locaux, souvent sous-estimé sur un site industriel ou commercial.

Pour chaque élément, le diagnostic indique le potentiel de réemploi et, à défaut, la filière de valorisation ou d’élimination envisagée. C’est ce qui en fait un document exploitable pour chiffrer : il donne des quantités, des natures et des destinations, c’est-à-dire les trois entrées d’une ligne d’évacuation.

5. Le récolement : les 90 jours qu’on oublie

Le récolement est le pendant du diagnostic après travaux : il déclare ce qui a réellement été réemployé et où les déchets sont réellement partis. Le maître d’ouvrage doit le transmettre au CSTB, via le formulaire CERFA n° 16288, dans un délai de 90 jours suivant l’achèvement des travaux.

C’est l’obligation la plus fréquemment négligée, pour une raison simple : au moment où elle arrive, le chantier est fini, les équipes sont ailleurs, et les justificatifs sont dispersés. Or le récolement compare le prévu au réel — il faut donc être capable de dire, quelques semaines après la livraison, combien de tonnes de gravats sont parties, vers quelle installation, et ce qui a été effectivement réemployé.

Là où l’entreprise de travaux entre en jeuLe récolement incombe au maître d’ouvrage, mais il ne peut pas l’établir seul : ce sont les entreprises qui détiennent les quantités, les filières et les preuves — bons de dépôt en déchèterie, bordereaux de suivi, tickets de pesée. Une entreprise qui conserve ces pièces au fil de l’eau, rattachées à l’affaire, répond en quelques minutes. Une entreprise qui les cherche dans une boîte à gants trois mois après y passera une journée, et livrera des chiffres approximatifs.

Si l’opération se déroule en plusieurs phases avec des diagnostics distincts, chaque périmètre donne lieu à son propre récolement. La plateforme permet de compléter le formulaire au fil de l’eau, à condition de le valider une fois l’ensemble achevé.

6. Prix et délais constatés

Le coût d’un diagnostic PEMD n’est pas encadré réglementairement : il dépend de la surface, de la complexité du bâtiment, du nombre d’éléments à inventorier et de la présence éventuelle de substances dangereuses nécessitant une expertise complémentaire.

Les ordres de grandeur communiqués par les bureaux spécialisés situent la prestation entre 1 500 et 7 000 € HT pour une opération courante, soit environ 2 à 3 € par mètre carré — avec des dépassements sur les sites vastes ou complexes. Le délai de réalisation annoncé va généralement de deux à quatre semaines après commande, visite sur site et rédaction du rapport comprises.

Ces montants ne sont pas des tarifs officiels mais des repères de marché : le seul chiffre fiable reste le devis du diagnostiqueur, établi après description de l’opération. À mettre en regard du coût d’évacuation d’un chantier de démolition, qui se compte souvent en dizaines de milliers d’euros — un inventaire précis en amont se rentabilise sur le tri et sur les filières choisies.

7. Diagnostic PEMD ou REP PMCB ? Deux dispositifs à ne pas confondre

Les deux viennent de la loi AGEC et parlent de déchets du bâtiment, ce qui explique la confusion permanente. Mais ils n’ont ni le même redevable, ni le même objet, ni le même moment.

Diagnostic PEMD REP PMCB
Qui est concerné Le maître d’ouvrage d’une opération de démolition ou rénovation significative Le producteur, c’est-à-dire celui qui met un matériau sur le marché français
Quand Avant les travaux, puis récolement après À la mise sur le marché du produit, en amont du chantier
Objet Inventorier et orienter ce qui sortira du bâtiment Financer la collecte et la valorisation via l’éco-contribution
Interlocuteur Le CSTB, via la plateforme PEMD Un éco-organisme agréé

Une même entreprise peut être concernée par les deux, par aucun, ou par un seul. Le détail des obligations liées à l’éco-contribution est traité dans notre guide de la REP PMCB.

8. Ce que ça change pour une entreprise de travaux

Vous n’êtes pas responsable du diagnostic, mais vous en dépendez pour chiffrer juste et vous serez sollicité pour le récolement. Trois réflexes suffisent à transformer une contrainte administrative en avantage de chiffrage.

  1. Réclamer le diagnostic avant de remettre un prixS’il existe et qu’il ne vous a pas été transmis, demandez-le : c’est votre droit et c’est le sens du texte. S’il n’existe pas alors que l’opération semble concernée, signalez-le au maître d’ouvrage — mieux vaut poser la question au moment du devis qu’au moment de la benne.
  2. Chiffrer l’évacuation comme un poste, pas comme un arrondiNature, quantité, filière : le diagnostic vous donne les trois. Une ligne d’évacuation construite sur ces données se défend en négociation, contrairement à un forfait « gestion des déchets » que le client rabotera systématiquement. C’est le même raisonnement que pour n’importe quel poste de déboursé sec.
  3. Conserver les preuves au fil du chantierBons de dépôt, bordereaux, tickets de pesée : rattachés à l’affaire au moment où ils arrivent, ils font du récolement une formalité. Cette même rigueur sert ailleurs — elle alimente le dossier des ouvrages exécutés et sécurise vos factures de situation en cas de contestation.

Il y a enfin un angle commercial que peu d’entreprises exploitent. Un maître d’ouvrage soumis au PEMD sait qu’il devra produire un récolement dans les 90 jours. L’entreprise qui annonce d’emblée qu’elle fournira les justificatifs structurés, par nature et par filière, lui retire une épine du pied — et se distingue d’un concurrent moins-disant qui laissera cette charge retomber sur lui.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le diagnostic PEMD ?
C’est l’inventaire, avant démolition ou rénovation significative, des produits, équipements, matériaux et déchets d’un bâtiment, avec leur quantité, leur localisation et leur potentiel de réemploi. Issu de la loi AGEC, il a remplacé l’ancien diagnostic déchets le 1er juillet 2023.
Quand le diagnostic PEMD est-il obligatoire ?
Dès que la surface cumulée de plancher des bâtiments concernés dépasse 1 000 m², ou lorsqu’au moins un bâtiment a accueilli une activité agricole, industrielle ou commerciale ayant impliqué des substances classées dangereuses — dans ce second cas, sans condition de surface.
Qui doit faire réaliser le diagnostic PEMD ?
Le maître d’ouvrage. Il le confie à un professionnel compétent, indépendant de l’entreprise qui réalisera les travaux et couvert par une assurance. L’entreprise de travaux n’a pas à le commander, mais doit en disposer pour chiffrer correctement.
Combien coûte un diagnostic PEMD ?
Il n’existe pas de tarif réglementé. Les bureaux spécialisés annoncent des ordres de grandeur situés entre 1 500 et 7 000 € HT selon la surface et la complexité, soit environ 2 à 3 € par mètre carré, pour un délai de deux à quatre semaines après commande.
Quel est le délai pour transmettre le récolement PEMD ?
Quatre-vingt-dix jours à compter de l’achèvement des travaux. Le formulaire CERFA n° 16288 se dépose sur la plateforme PEMD du CSTB. Si l’opération comporte plusieurs périmètres de diagnostic, chacun donne lieu à son propre récolement.
Que risque-t-on en l’absence de diagnostic PEMD ?
L’article L. 183-4 du code de la construction et de l’habitation prévoit une amende pouvant atteindre 45 000 €, portée à six mois d’emprisonnement en cas de récidive. Sur le plan pratique, l’absence de diagnostic peut aussi retarder une autorisation d’urbanisme.
Quelle différence entre le diagnostic PEMD et la REP PMCB ?
Le PEMD est un inventaire réalisé avant travaux, à la charge du maître d’ouvrage, transmis au CSTB. La REP PMCB est un mécanisme de financement de la fin de vie des matériaux, à la charge de celui qui les met sur le marché, versé à un éco-organisme. Deux dispositifs distincts, issus de la même loi.

Sources

  1. Ministère de la Transition écologique — Le diagnostic PEMD : cadre légal, obligations de transmission et formulaires CERFA.
  2. Plateforme PEMD (CSTB) — Foire aux questions : modalités de dépôt, délai de récolement et cas des opérations en plusieurs phases.
  3. Service-public — Notice du formulaire de diagnostic PEMD (CERFA 16287).
  4. CSTB — Diagnostic PEMD et plateforme associée.
À retenirTrois points à garder en tête
  1. 01Deux seuils alternatifs déclenchent l’obligation : 1 000 m² de surface cumulée, ou un bâtiment ayant abrité une activité impliquant des substances dangereuses — sans condition de surface.
  2. 02Le diagnostic doit être connu avant l’acceptation des devis : réclamez-le, il contient les quantités et les filières dont vous avez besoin pour chiffrer.
  3. 03Le récolement se transmet dans les 90 jours après les travaux, et il repose sur des pièces que vous seul détenez. Conservez-les au fil du chantier.
Vos bons de dépôt se retrouvent-ils trois mois après la livraison ?

Pièces rattachées à l’affaire, quantités évacuées suivies par chantier, lignes d’évacuation chiffrées comme un poste : voyez en 30 minutes comment le récolement cesse d’être une chasse au papier.

Demander une démonstration →

×

Demander une démonstration

30 minutes en visio, avec un spécialiste de votre métier. Sans engagement.

Vos coordonnées servent uniquement à traiter votre demande de démonstration. Aucun partage à des tiers, désinscription possible à tout moment.

C’est noté, merci.Votre demande est enregistrée. Un spécialiste de votre métier vous rappelle sous 24 heures ouvrées pour convenir du créneau de démonstration.
L’envoi n’a pas abouti. Vous pouvez réessayer, ou nous joindre directement au 03 20 54 89 42.



Arthur Gueroult

Côté relation client chez WhySoft Group, Arthur est expert des logiciels WHY et de Zeendoc. Il connaît les questions des utilisateurs avant même qu'ils ne les posent — ses articles y répondent sans détour.