Heures supplémentaires : majorations, paiement, contingent — et le régime fiscal 2026
Une heure supplémentaire est une heure accomplie au-delà de 35 heures dans la semaine, à la demande de l’employeur. Elle se majore (25 % puis 50 % à défaut d’accord), se paie ou se récupère, se compte dans un contingent — et bénéficie en 2026 d’un régime fiscal et social parmi les plus avantageux de la paie. Ce guide pose les règles complètes, les deux nouveautés 2026 que beaucoup ignorent encore, et le nerf de la guerre sur les chantiers comme à l’atelier : la preuve du décompte.
En 30 secondes
- Majoration légale à défaut d’accord : +25 % de la 36e à la 43e heure, +50 % au-delà. Un accord d’entreprise ou de branche peut fixer un autre taux, jamais inférieur à 10 %.
- Contingent annuel : 220 heures par salarié à défaut d’accord. Au-delà, chaque heure ouvre en plus une contrepartie obligatoire en repos — 50 % de l’heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà.
- Fiscalité 2026 : exonération d’impôt sur le revenu jusqu’à 7 500 € nets par an, réduction de cotisations salariales de 11,31 % — et déduction forfaitaire patronale désormais étendue à toutes les entreprises (LFSS 2026).
- Nouveauté BOSS au 1er avril 2026 : les congés payés comptent désormais dans le décompte hebdomadaire des heures supplémentaires — un revirement à fort impact sur les semaines mixtes travail-congés.
Ce qui compte comme heure supplémentaire — et ce qui ne compte pas
L’heure supplémentaire est celle accomplie au-delà de la durée légale de 35 heures, à la demande de l’employeur — ou avec son accord, même implicite. Le décompte se fait par semaine civile, du lundi 0 h au dimanche 24 h, sauf aménagement du temps de travail sur une période plus longue prévu par accord. La référence est le temps de travail effectif : les temps de trajet domicile-chantier et les pauses n’entrent pas dans les 35 heures.
Les majorations — 25 %, 50 %, et ce que l’accord peut changer
| Heures | Majoration légale (à défaut d’accord) | Ce qu’un accord peut prévoir |
|---|---|---|
| De la 36e à la 43e heure | +25 % | Un taux différent, plancher absolu de 10 % |
| À partir de la 44e heure | +50 % | Idem — le plancher de 10 % s’applique à toutes les heures |
| Temps partiel (heures complémentaires) | +10 % jusqu’au dixième de la durée contractuelle, +25 % au-delà | Régime distinct : ce ne sont pas des heures supplémentaires |
6 heures supplémentaires × 13 € × 1,25 = 97,50 € brut de plus sur la semaine
Réduction de cotisations salariales : 97,50 × 11,31 % = 11,03 € rendus au net
Déduction patronale (entreprise de 12 salariés) : 6 × 1,50 € = 9 € d’allègement employeur
Payer ou récupérer — le repos compensateur de remplacement
Le principe est le paiement majoré sur la paie du mois. Mais un accord collectif — ou, à défaut d’accord et sans opposition des représentants du personnel, une décision de l’employeur — peut remplacer tout ou partie du paiement par un repos compensateur de remplacement équivalent : une heure majorée à 25 % devient 1 h 15 de repos. Les heures intégralement compensées en repos ne s’imputent pas sur le contingent.
Attention à la confusion classique : le repos compensateur de remplacement (qui remplace le paiement) n’est pas la contrepartie obligatoire en repos (qui s’ajoute au paiement au-delà du contingent). Les deux se cumulent le cas échéant — et se suivent séparément sur le bulletin.
Le contingent de 220 heures — et ce qui se passe au-delà
Le contingent annuel est le volume d’heures supplémentaires mobilisable par salarié et par an sans formalité particulière : 220 heures à défaut d’accord collectif (un accord peut fixer plus ou moins). Les heures au-delà du contingent restent possibles après avis du CSE — mais chacune ouvre, en plus de sa majoration, une contrepartie obligatoire en repos : 50 % de l’heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % dans les autres.
Impôt et cotisations 2026 — le triple avantage
- Exonération d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets imposables par an et par salarié (heures supplémentaires et complémentaires confondues). La fraction au-delà est imposée au barème — et les sommes exonérées restent intégrées au revenu fiscal de référence.
- Réduction de cotisations salariales de 11,31 % sur la rémunération brute des heures supp, majoration comprise — cotisations vieillesse de base et complémentaire. CSG et CRDS restent dues.
- Déduction forfaitaire patronale : 1,50 € par heure dans les entreprises de moins de 20 salariés, 0,50 € de 20 à 249 — et, nouveauté de la LFSS 2026, le dispositif est étendu aux entreprises de 250 salariés et plus pour les heures effectuées à compter du 1er janvier 2026.
- Sur le bulletin : les heures supp exonérées figurent sur une ligne distincte et se déclarent en DSN (bloc dédié) — un paramétrage à vérifier, car une exonération non activée est une perte sèche pour le salarié comme pour l’entreprise.
Chantier et atelier — tout tient à la preuve du décompte
Dans le BTP comme dans l’industrie, le sujet des heures supplémentaires n’est presque jamais le taux : c’est le décompte. Des semaines qui varient chantier par chantier, des équipes éclatées, des démarrages avancés pour couler avant la chaleur : sans décompte quotidien et hebdomadaire fiable, personne ne sait combien d’heures supp ont été faites — et en cas de litige, le juge se contente d’éléments « suffisamment précis » du salarié que l’employeur doit pouvoir contrer par son propre système de pointage.
Questions fréquentes
Les heures supplémentaires sont-elles imposables en 2026 ?
Quelle est la majoration des heures supplémentaires ?
Qu’est-ce que le contingent d’heures supplémentaires ?
Un salarié peut-il refuser de faire des heures supplémentaires ?
Peut-on remplacer le paiement par du repos ?
Un salarié à temps partiel fait-il des heures supplémentaires ?
Les congés payés comptent-ils dans le décompte des heures supp ?
Sources et références
- Code du travail, art. L. 3121-27 à L. 3121-39 : définition, majorations (taux légaux 25/50 %, plancher conventionnel de 10 %), repos compensateur de remplacement, contingent annuel et contrepartie obligatoire en repos ; D. 3121-24 : contingent de 220 heures à défaut d’accord.
- service-public.fr (vérifié avril 2026) : exonération d’impôt sur le revenu des heures supplémentaires dans la limite de 7 500 € nets par an pour les revenus 2026 ; art. 81 quater du CGI.
- BOSS, rubrique exonérations heures supplémentaires — mise à jour opposable au 1er avril 2026 : réduction de cotisations salariales de 11,31 %, intégration des congés payés au décompte (périodes à compter du 1er septembre 2025), proratisation des forfaits.
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (art. 21 et 40) : extension de la déduction forfaitaire patronale à toutes les entreprises, y compris 250 salariés et plus, pour les heures effectuées à compter du 1er janvier 2026 ; urssaf.fr, déduction forfaitaire patronale (1,50 € / 0,50 € par heure).
- 01+25 % de la 36e à la 43e heure, +50 % ensuite, contingent de 220 heures : le socle légal est simple — c’est l’accord collectif applicable qui peut le moduler, jamais sous 10 % de majoration.
- 022026 rebat deux cartes : la déduction patronale s’étend à toutes les entreprises, et les congés payés entrent dans le décompte hebdomadaire — les semaines mixtes travail-congés peuvent désormais déclencher des heures supp.
- 03Tout repose sur le décompte : quotidien, hebdomadaire, opposable. C’est lui qui déclenche les majorations, protège des prud’hommes et impute chaque heure au vrai coût de l’affaire.
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